‹ Louis XIV et l'ÉgypteChapitre 6 sur 6 · CONTRE · texte numérisé non relu

CONTRE

Le seul commerce considérable qui se fasse en France est celui du Levant.

C'est le seul de Marseille et de toute la Méditerranée. Les Anglais et les Hollandais qui sont établis en Levant empêcheront formellement le retour des Français et agiront à la Porte par toutes voies pour empêcher leur retour. En sorte que les Français se priveront d'eux-mêmes d'un commerce qui leur est très avantageux, qui passera tout entier entre les mains des étrangers.

La fierté des Turcs ne permettra pas de pouvoir renouer la négociation si une fois on retire l'ambassadeur.

En cas qu'il soit estimé nécessaire de retenir l'ambassadeur, savoir si cela se fera hautement avec menaces, et en retirant pareillement toute la nation et interdisant le commerce, ou bien en retirant l'ambassadeur seul comme inutile.

La première est plus haute, mais engage à une rupture entière qui a de grandes suites et de grandes difficultés pour renouer.

La seconde est plus conforme aux sentiments de tous ceux qui ont été consultés.

En ce cas, il faut une lettre du Roi à M. de Nointel pour lui dire qu'ayant vu par ses lettres le peu de dispositions qu'il a trouvées à la Porte pour le renouvellement des capitulations, avec les autres avan-

(1) Retenir est pris ici dans le sens de rappeler, faire revenir.

tages dont jouisbent les aiitres nations, Sa Majesté veut qu'il laisse le soin des affaires des marchands entre les mains du sieur Eoboli ou de quelqu'autre qu'il estimera capable de s'en bien acquitter et qu*il s'en revienne sur les vaisseaux que Sa Majesté lui envoie, après avoir pris son audience de congé du Grand Seigneur et du Grand Vizir.

Lui ordonner qu'en cas que le Grand Vizir, sur son congé, veuille renouveler les capitulations, qu'il le fasse et demeure, étant important au commerce de ses sujets de point rompre qu'en cas d'extrême nécessité.

Un ordre du Roi à d'Aimer; is d'envoyer deux vaisseaux.

bBLéANS. — IMP. PAUL GIRARDOT.

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