‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 102 sur 268 · Ibid., Bourlemont à Lionne, 3 juillet, f · texte numérisé non relu

Ibid., Bourlemont à Lionne, 3 juillet, f

7. Ibid. Les prisons (Carcere Nuovc) sont en effet situées via Giulia, dans la même rue que les communs du palais.

urbaine s'enhardit quelques jours après à risquer un acte beaucoup plus désagréable encore.

On sait que, selon un usage toujours respecté, les alentours des diverses ambassades (sans qu'il y eût cependant de bulles expresses déterminant rétendue de cette franchise) échappaient alors à la juridiction de l'autorité locale, qui n'y pouvait faire ni recherches ni arrestations. Cet abus était devenu traditionnel, et le corps diplomatique attachait le plus grand prix à le maintenir1. Or le 29 juin, jour de la Saint-Pierre, à dix heures du matin, pendant que M. de Créqui et sa suite étaient à l'église auprès du pape, huit ou dix sbires vinrent, assez effrayés eux-mêmes, à ce qu'il paraît, de leur audace, faire une perquisition dans une maison à peine éloignée de quinze pas du palais Farnèse. Ils affectaient d'y chercher des armes cachées, comme s'ils soupçonnaient qu'elles appartinssent à l'ambassadeur : ils ne trouvèrent rien et n'arrêtèrent personne, mais ils avaient atteint le but des autorités urbaines qui était, comme le fait observer non sans raison M. de Créqui au roi, « de pouvoir dire que, sans égard à ce qui est dû à Votre Majesté, elles font faire des exécutions où il leur plaît » 2. Cette fois, l'ambassadeur, après avoir consulté le cardinal d'Esté, se plaignit avec vivacité. L'ordre venait du cardinal Imperiali, qui ne le désavouait pas 3, étant sans doute, comme l'écrit M. de Bourlemont, « de bien mauvaise humeur ce jour-là ». M. de Créqui, outré de cette attitude, s'exprima sur cette violation de ses

1. Cette question des Franchises diplomatiques si excessives et dont, il faut le dire, le gouvernement pontifical était bien fondé à vouloir l'abolition, a donné lieu depuis à de très longues discussions entre le Saint-Siège et diverses cours de l'Europe. En fait, ces privilèges, excellents au moyen âge, n'avaient plus de raison d'être. En 1(>87, le marquis de Lavardin, ambassadeur de Louis XIV. prétendit néanmoins les maintenir contre la volonté précise d'Innocent XI (Odescalchi), mais sans obtenir gain de cause.

"J. Voir, sur cet incident, A. E., Rome, 145, Hourlemont à Lionne, .'* juillet, f° 114; Créqui au roi, 5 juillet, f<> 115 J Benedetlî à Lionne, k juillet, f°117.

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