Bourlemont à Lionne, loc. cit., 5 juin
de la fermeté italienne et espagnole que de l'inconstance
française » 4.
M" de Créqui avait eu soin fort à propos, lors de son arrivée à Civita Vecchia, de faire un exemple sur un des valets de sa suite. Cet homme avait commis <c quelque insolence », suivant le mot de M. de Bourlemont : c'était peu de chose, mais l'ambassadeur connaissait les inquiétudes qu'inspirait à Rome la turbulence accoutumée des gens attachés aux missions étrangères 2; il apprécia la nécessité de réprimer sur-le-champ la moindre incartade, et donna ordre, usant de son droit de juridiction souveraine sur sa maison, de mettre le coupable à la chiourme d'une des obères qui l'avaient amené. Cet acte de sévérité était de bonne politique; il démontrait que le nouvel ambassadeur entendait maintenir l'ordre parmi ses serviteurs : « il lui a acquis, dit Bourlemont, l'affection et l'estime de tous les Italiens d'ici qui étaient en crainte qu'une famille grande et nombreuse comme est la sienne, composée de gens qui ont suivi la guerre, ne troublât la quiétude et la liberté de cheminer dans Rome.... Il est à espérer qu'un si bon commencement continuera dans une suite heureuse et favorable 3. »
Les événements devaient démentir promptement cette impression optimiste, et, dès ses premiers entretiens avec le cardinal Antoine, M. de Créqui put prévoir les obstacles dont il aurait a se préoccuper.
1 A É., Rome, III, 145, Nouvelles de Rome, 10 juin, f° lo.
2*. Sans parler des rixes fréquentes qui avaient heu dans les rues de Rome entre des individus de nationalités diverses et la population, il y avaUeu" on s'en souvient, quelques difficultés entre la police et les gens de M d'Aubeville. En outre, on n'avait pas oublié qo à 1 arrivée du prince ixemberg, ambassadeur de l'Empereur, quelques années auparavant «les dîZdJ s'étaient produits entre Allemands et Romains. (Voir Bourlemont à Lionne, loc. cit., 5 juin.)