‹ Louis XV et Marie Leczinska, d'après de nouveaux documentsChapitre 7 sur 12 · SOURCES · texte numérisé non relu

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autres éloges contemporains sont sans valeur. Le plus important, celui de l'avocat Aublel de Maubuy, qui est de 1773 et forme le tome YII des Vies des Femmes illustres et célèbres de France, porte sur l'ensemble de la vie de Marie Leczinska le jugement que voici : « Sous quelque aspect qu'on l'envisage, ou comme fille ou comme reine, soit comme épouse, soit comme mère, on verra que rien ne manqua à sa félicité. »

Ces niaiseries n'offrent aucun danger pour la vérité historique. Il n'en est pas de même d'une série de Mémoires, qui sont les plus lus du XVIIIe siècle, et que j'ai consultés, pour ma part, avec une grande prudence, tout en les tenant sans cesse sous les yeux. Tels sont le journal du marquis d'Argenson et les charmants souvenirs de la duchesse de Brancas, qui ont fourni tant de racontars connus contre la Reine. C'est pour des documents de ce genre qu'un rigoureux contrôle est nécessaire, car il n'est pas rare de les trouver en défaut, même pour l'exactitude matérielle des faits. D'Argenson surtout est d'une information peu sûre ; il connaît très mal les choses de la Cour, même au temps où il y vit, à plus forte raison quand il n'a pour se renseigner que des ouï-dire légers et suspects. « On veut croire tout ce qui est mal », écrit-il lui-même, le jour où il nie la liaison du Roi avec madame de Vintimille ; mais il tombe sans cesse dans ce travers de l'époque. Il accepte les fables les plus étranges, par exemple la succession des empoisonnements dans la famille de Louis XIV, à la fin de son règne. A chaque instant, l'imagination l'emporte et le trompe : il annonce tous les huit jours, pendant des années, la disgrâce de Fleury et le retour de Chauvelin. Plus d'une tradition malveillante sur Marie Leczinska n'a pour garant que le seul d'Argenson. On croit trop volontiers sur parole les gens d'esprit.

Les Mémoires du duc de Luynes méritent une tout autre confiance. S'ils pèchent parfois par bienveillance, où le marquis pèche par aigreur, ils n'en apportent pas moins la plus fidèle image et la plus sincère de la Cour de France et de l'entourage de la Reine, à partir de 1735. Même pour la

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