Bibliothèque nationale, Cabinet des estampes, V a
2. Cette bibliothèque de Louis XV n'a été que peu modifiée sous Louis XVI et sous Louis-Philippe, et jusqu'à la fin du second Empire on y a vu la bibliothèque du Château. Les plans existent aux Archives nationales, O* 1773. Un degré montant de la petite galerie aboutissait à la bibliothèque de Louis XV; il fut conservé, quand la partie ouest de cette galerie devint la chambre à coucher de Mme du Barry, et l'on voit le départ du couloir, devenu un passage secret pour le roi, à droite de la cheminée de cette chambre.
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desquelles elle est exactement placée. Elle est mentionnée fort peu après dans les récits de la Cour. Les rapports à M. de Marigny, directeur général des Bâtiments du Roi, montrent qu'on en répare les vernis en 1756, qu'on en rétablit la forme en 1763 et qu'on y ajoute de la sculpture en 17671. Ces détails ont d'autant plus d'intérêt que la petite galerie de Louis XV n'a pas été sensiblement défigurée. La partie des mansardes qui la contient, éclairée par les cinq premières fenêtres du comble, fut, à la fin du règne, l'appartement de Mme du Barry, et c'est alors seulement que la galerie s'est transformée et a été divisée en deux pièces, car, au moment où l'on aménageait cet étage des petits-cabinets pour Marie-Josèphe de Saxe, elle demeurait encore intacte avec l'indication nouvelle de « grand cabinet de compagnie ». La sculpture des boiseries ainsi que celle du salon voisin datent visiblement de la création de l'étage. Dans les pièces correspondant à la galerie, on trouve deux torches avec une couronne; dans le salon d'angle, des coquilles, des tètes de dauphin, des singes, des oiseaux; partout les deux L enlacés formant le chiffre du Roi. L'ébrasement des fenêtres en mansarde est intéressant par l'heureux parti que l'architecte a su tirer d'une incommode disposition, et je ne vois pas d'exemple, au dix-huitième siècle, d'une telle richesse de décoration ainsi placée.
La forme ovale de la chambre de Mme du Barry est
1. Archives nationales, O1 1799, Ol 1774, O1 1801. La dernière opération a quelque importance : « La menuiserie de la petite galerie du roi, écrit Lécuyer le i3 octobre, est très avancée, et j'espère qu'elle sera entièrement posée et peinte pour son retour. » C'est Rousseau qui y travaille, en même temps qu'aux appartements de Mesdames cadettes; il y fait pour deux mille livres de travaux de sculpture (O1 2267).
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exactement celle de l'extrémité de l'ancienne galerie ; c'est là que s'ouvre le passage secret communiquant jadis avec la bibliothèque et qui offrait à Louis XV, comme on peut le deviner, des commodités particulières.
C'est au moment où la dernière favorite vint occuper cette partie du Château, que la petite galerie et son salon furent mis en dorure. Les boiseries jusqu'alors étaient en ce vernis de Martin, dont les couleurs eurent à s'accorder avec une décoration de peinture assez importante1. La petite galerie contenait six tableaux représentant différentes chasses d'animaux féroces étrangers, celles du lion, du tigre, de la panthère, de l'éléphant, du taureau sauvage et de l'ours. « Ces tableaux sont sortis du pinceau de De Troy, de Boucher, de Carie Vanloo, qui en fait deux, de Parrocel et de Lancret. Ils sont tous d'une très belle composition et très bien traités. On y remarque encore d'autres petits, qui servent d'ornements dans différents endroits de ces petits appartements, dans lesquels ils est facile de reconnaître le caractère de gaîté de Lancret. » Pour la galerie, la commande aux peintres fut faite en 1736 et livrée presque entièrement l'année suivante. Les sujets étaient appropriés aux réunions
1. <i Rien n'est doré que les moulures des glaces, les ornements de dessus les cheminées, ceux des trémeaux et les bordures de plusieurs tableaux. Tout le reste des lambris est peint de différentes couleurs tendres, appliquées avec un vernis particulier fait exprès, qui se polit et se rend brillant par le mélange de huit ou dix couches les unes sur autres. » (La Martinière.) En 1^63 encore, la pièce d'angle au-dessus du cabinet intérieur, était réparée sans qu'on songeât à la dorer : « Lorsque le parquet sera reposé, ordonnait le roi, peindre ladite pièce en grisblanc avec les moulures et les sculptures en vert tendre, le tout à l'encaustique. Nettoyer les bordures et les redorer, s'il est nécessaire, et mettre ladite pièce en état. »
chasseurs qu'y tenait le Roi. 11 y avait, de Jean- François de Troy, une chasse au lion, de Parrocel, une chasse à l'éléphant, de Carie Vanloo, une chasse a l'ours, de Lancret, une chasse au léopard, de Pater, une chasse chinoise, de Boucher enhn une chasse au tigre. Chacune fut payée 2.400 livres, sauf celle de Pater, évaluée a 2.000 livres. Boucher. Parrocel et Vanloo obtinrent en 17.38 une commande supplémentaire .liant une chasse au crocodile, une chasse au taureau sauvage et une chasse à l'autruche, qui vinrent compléter le brillant décor1.
On paraît avoir retiré le tout en 176S, lors de la transformation de la petite galerie en deux salons. Ces toiles d'excellents maîtres, longtemps dispersées, viennent d'être tout récemment reunies au musée d'Amiens.
Sur la petite galerie s'ouvrait un cabinet vert, dont il est question dans Luvnes et qui servait de salon de jeu :
Jeudi dernier tout le monde se rendit chez le roi, da: u petite galerie en haut. Il n*y avait que les quatre dan-..- . dix h mines, .:i comptant le Roi. Une demi-heure ou environ après, le roi en cabinet qui joint à la petite galerie,
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point. A sep: heures et demie, le Roi descendit en bas pour donner l'ordre : il revint aussitôt après
Le cabinet vert, ■ où il y avait des lanternes dans le