‹ Louis XV et Marie LeczniskaChapitre 23 sur 29 · Lettre du 28 décembre 1742, publiée par Eug. Asse, /. c · texte numérisé non relu

Lettre du 28 décembre 1742, publiée par Eug. Asse, /. c

ET MADAME DE CHATEAUROUX 3a 5

Louis XV prenait l'habitude d'y souper et d'y passer ses soirées. Il s'y place, entre autres souvenirs, une anecdote inédite, qui n'est pas sans intérêt pour son caractère :

Le Roi ne fut jamais si furieux qu'en recevant le mémoire de M. Chauvclin après la mort du Cardinal [de Fleury]. Le roi entre avec l'air de l'humeur chez Mme de Châteauroux. Les princes de Tingry et de Soubise y soupaient. Le Roi se met le dos à la cheminée. Après quelques moments d'un silence si sérieux que personne n'osait troubler, il dit : « Que diriez-vous d'un homme assez hardi, assez malhonnête pour oser m'envoyer un mémoire insultant à la mémoire de M. le Cardinal? » Il se tait. On vient dire que le souper est servi; il demeure avec l'air furieux. Personne ne remue. Il dit : « C'est ce M. Chauvelin. Je l'exile à Issoire. Sans M. de Maurepas, je l'envoyais aux îles Sainte-Marguerite. Il n'est point de punitions qu'on ne dût mettre en usage contre de tels hommes. » Le souper ne fut pas, je crois, fort gai1.

Pendant la campagne de Louis XV sur le Rhin, dans l'été de 1744, Mme de Châteauroux quitta, pour rejoindre le roi, ce bel appartement de Versailles où elle ne devait jamais revenir. Elle allait y être promptement remplacée par une favorite nouvelle2.

p. 9.3. La chambre à coucher reçut quatre petits dessus de porte de Nattier, portraits de la duchesse, de sa mère et de deux de ses sœurs. Ces tableaux étaient estimés chacun quatre cents livres.

1. Je trouve cette anecdote au milieu des souvenirs militaires manuscrits mis sous le nom du comte de Boisgelin. (Archives nationales, K 147.)

2. L'appartement de Mme de Châteauroux, plus tard de Mme de Pompadour, passait jusqu'à nos recherches, pour être un logement « des petites maîtresses ». Un tel logis a-t-il existé au Château? Il n'y a pas l'ombre d'une preuve pour une allégation sans cesse répétée, notamment par Dussieux, Le Château de Versailles, I, 328, 378, 389; mais ce livre, particulièrement pour l'époque qui nous occupe, renferme, ainsi que je l'ai démontré ailleurs, des pages entières d'inexactitudes.

L'inventaire dressé, selon l'usage, après la mort de la Reine, des objets personnels trouvés dans son appartement, est aux Archives nationales [K. 147). On en trouvera ici les parties les plus intéressantes, qui introduisent dans l'intimité de Marie Leczinska. Sa dévotion, ses goûts d'art, son attachement aux souvenirs de la Pologne et de la Lorraine, où régna son père, y sont nettement marqués.

Les pièces visitées par le comte de Saint-Florentin, ministre de la Maison du Roi, sont celles qu'on désignait sous le nom de « Cabinets de la Reine » et qui ont été refaits entièrement pour Marie-Antoinette. Ils sont décrits, tels qu'ils furent sous Louis XV, dans notre Versailles an XVIIIe siècle (p. 193-202'.

Aujourd'hui, vingt-cinq juin 1768, nous, Louis Phelipeaux, comte de Saint-Florentin, ministre et secrétaire d'Etat et des commandements de Sa Majesté, Commandeur de ses Ordres, en vertu des Ordres à nous donnés par Sa Majesté de faire la description et inventaire des pierreries, bijoux et autres effets appartenant à la feue Reine, nous nous sommes transportés dans l'appartement où Elle est décédée et dans les autres pièces dudit

INVENTAIRE DE MARIE LEGZINSKA 3-z7

appartement que Sa Majesté a occupées où nous avons été informés qu'il pouvait y avoir quelques effets, et où nous avons trouvé :

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