ÉLÉGIE SUR LE DÈPAUT DU PRINCE EDOUARD
C'en est donc fait, le sort contraire,
Prince, t'arrache de nos bras I
Tu pars ! Une tête si chère,
N'illustrera plus ces climats !
C'est en vain qu'un grand roi qui Tuime,
Parmi nous l'eût voulu fixer ;
De son devoir la loi suprême,
Lui défendait de balancer.
11 nous va, vainqueur de lui-même,
Immoler ses tendres regrets.
Loi Jure, mais nécessaire,
0 perte qui nous désespère !
Cher Edouard, si nos douleurs,
Nos plaintes, nos vœux, notre •/.'■' i\
A ton infortune cruelle
Peuvent mettre quelque douceur,
LES POISSONNAOES
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(8) Les grands seigneurs s'avilissent,
Les financiers s'enrichissent, Tous les poissons s'agrandissent ; C'est h règne des vauriens.
On épuise la finance, En bâtiments on dépense, L'État tombe en décadence, Le roi ne met ordre à rien, rien, rien, riea.
Une petite bourgeoise Élevée à la grivoise.
Mesurant tout à sa toise, Fait de la cour un taudis.
Le roi malgré son scrupule.
Pour elle follement brûle.
Cette flamme ridicule Excite dans tout Paris, ris, ris, ris
Cette catin subalterne, Insolemment le gouverne.
Et c'est elle qui décerne
Les honneurs à prix d'argent ; Devant l'idole tout plie, Le courtisan s'humilie.
Il subit cette infamie.
Et n'est qcie plus indigent, gent, gent, gent.
La contenance éventée, La peau jaune et truitée, Et chaque dent tachetée, Les yeux fades, le col long, Sans esprit, sans caractère, L'àme vide et mercenaire, Le propos d'une commère, Tout est bas chez la Poisson, son, son, son.
Si dans les beautés choisies.
Elle était des plus jolies.
On pardonne les folies.
Quand l'objet est un bijou ; Mais pour si mince figure Et si sotte créature, S'attirer tant de murmure, Chacun pense le roi fou, fou, fou, fou.
Il est vrai que pour lui plaire Le beau n'est pas nécessaire ; Vintimille sut lui faire Trouver son grouin gentil.
On croit aussi que d'Estrade, Si vilaine, si maussade, Aura bientôt la passade Elle en a l'air tout bouffi fi, fi, fi.
Voici les commentaires faits h cette chan-on. «Mme dcPompadour.recherchc'epar la reine d- Ikm-
102 T.OUÏf5 XV, SES MAÎTRESSES, LE PARC M : î^Hî «
gîie avec beaucoup d'empressement, déjà résolue de lui vendre le roi el le royauniè (?) voyait dans Marie- Thérèse qui rappelait sa princesse et sa cousine une protection, une ressource puissante pour se soutenir dans sa faveur. Elle eut recours à deux moyens pour réussir à l'établissement du nouveau système : renvoyer les vieilles têtes ministérielles qui avaient encore les principes de Louis XlV sur l'Autriche fut le premier ; placer à la tête des affaires étrangères des ministres nuls, ou à sa dévotion fut le second. Le comte de Maurepas, ce doyen des ministres, en 1748, qui avait été témoin petidatit la régence de la révolution que V Espagne essayait en France {La conspiration de Cellamare) lorsque le régent se liguait avec rAutriche, était le plus redoutable. Il voyait le roi quand il voulait ; il avait sa confiance, il avait l'art de plaire au monarque, et méritait pàr-là toute la jalousie de la favorite. Elle le fit exiler au mois d'août 1749 et elle plaçait à la marine, dirigée par M. de Maurepas depuis la régence, Roullier, homme sans volonté, sans caractère et sans talents dont elle voulait faire un instrument de ses volontés plutôt que le ministre d'un grand rdyâunte. Après deux années dans le département de la marine elle relevait à celui des affaires étrangères ponr le complément de ses desseins. La politique et la jalousie de Mme de Pompadour la gouvernèrent donc dans tout ce qu'elle fit contre M. de Maurepas, pour le faire exiler. Les fameux vers ne firent que la déterminer un moment d'avance. Nous les rapporterons ici
LES POISSONNADES
parce qu'ils peignent, au naturel, le roi, Mme de Pompadour et les courtisans, et parce qu'ils doivent passer pour une pièce historique plutôt que pour une satire du temps. La chanson est sur Tair des Trenihleiirs de l'opéra d'/^/s, et la favorite rallribuail à Maurepas.
Les grands seigneurs s'avilissent Les financiers s'enrichissent
« Mme de Pompadour ayant réussi à faire exiler Maurepas le retint à Bourges jusqu'en 1762, alors il lui fut permis de venir au Plessis près Dammartin, à dix lieues de Paris^ 4^ns un château de sa bellemère. Mme de Maurepas vint aussi à Paris aux couches de Mme d'Agénois, et son mari arriva de nuit à Clichy chez Mme de Pontchartrain, passa la ;iuit à Paris, sans s'y arrêter le 29 juin et arriva le 3o à Plessis. La favorite montrait dans ses vengeances toute la faiblesse de son sexe ; et le roi, dans les siennes, toute la fermeté d'un homme faible... Mémoires du duc de Richelieu. »