LIVRE IX. — PROCÈS DU ROI. kki
dit avec hauteur : « Éloignez-vous donc. » Mathey se retire; les municipaux sortent aussi , après avoir terminé leurs perquisitions.
Le soir, le Roi dit aux commissaires de demander à la Commune les motifs qui s'opposent, à Tentrëe de ses conseils dans la tour, en ajoutant quHl désire au moins s'entretenir avec M. de Malesherbes. Ils promettent d'en parler; mais l'un d'eux avoue qu'il leur a été défendu de foire part au conseil général d'aucune demande de Louis , à moins qu'elle ne soit écrite et signée de sa main. « Et pourquoi, répond Louis XVI , m'a-t-on laissé depuis deux jours ignorer ce changement ?» Il prend aussitôt la plume et écrit le billet suivant :
« Je prie MM. les commissaires de la Commune d'envoyer au conseil général mes réclamations, 1* sur l'arrêté de jeudi, qui ordonne que je ne serai perdu de vue ni jour ni nuit : on doit sentir que , dans la situation où je me trouve , il est pénible de ne pouvoir être seul et avoir la tranquillité nécessaire pour me recueillir, et que la nuit on a besoin de repos ; 2* sur l'arrêté qui m'interdit la faculté de voir mes conseils ; un décret de l'Assemblée nationale m'avait accordé de les voir librement, sans fixer de terme, et je ne sache pas qu'il
soit révoqué.
» Louis. »
Remis immédiatement aux municipaux, ce billet ne fut porté que le lendemain matin (dimanche 20) à la Commune ' . Hébert, comme témoin de ce qui s'était passé au Temple, fit observer au conseil que cette lettre de Louis avait été écrite avant que son jugement lui eût été annoncé , et que conséquemment il ne fallait pas y avoir égard *.
^ Voir les rapports faits au conseil général de la Commune. 2 Jdem.