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Lettre des États généraux à Fr. de Chastillon. i4 twvembre
{Archives du royaume de Hollande.)
«Monsieur, nous avons reçu une lettre de vostre seigneurie, du «9 d'octobre dernier, par les mains de Messieurs de la Valcaresse «et de Saint-Laurent, lesquels, en conformité d'icelle, nous ont «clairement faict entendre le regret que vostre seigneurie a priDS «par les tristes nouvelles du malheureux et cruel assassinat «commis en la personne de feu Monseigneur le prince d'Orange,
a de très haulte et très louable méiuoire, et mesmes pour l'afflicalion extrême en laquelle sentez estre réduite Madame la prin- <t cesse, par la perte de son bon mary, qui tant l'aimoi t et honoroit ; ce considérant vostre seigneurie la conséquence dudict assassinat aen un personnage si signalé, et meu, d*aultre part, par nature a et affection fraternelle, dont, pour l'obligation que nous debvons «à la très honorable mémoire de Son Excellence, remercions bien (i affectueusement vostre seigneurie. Et combien que la perte «que nous avons faicte de la personne de Son Excellence nous asoit si grièveque la mort, pour tant de bienfaicts et services «qu'il a faict à ces pays, sy louons-nous le Seigneur Dieu de ce «que, encoiresque un roy tyran a eslendu sa main sanglante sur «la personne de Son Excellence, qu'il ne sçaura, pour ce, osier «ni à jamais effacer de la mémoire des gens vertueux et crai- «gnans Dieu, ses actions saintes et héroïques pour la défense «de la saincte religion et la liberté de nostre patrie. De nostre « part, nous travaillons et rendons toute peine pour nous revenger «de ce cruel et malheureux meurtre; et n'espargnerons riens de «nos moïens, confians que le bon Dieu assistera nostre juste «querelle. Madame la princesse et son enfant nous sont très bien «recommandez, avec tout ce qui leur appartient, et soignerons «de leurs personnes selon que sommes obligez et en desirons res- « pondre à vostre seigneurie et à tout le monde, en recognois- «sance de tout ce que vostre seigneurie nous recommande, et «avons promis et asseurés lesdicts sieurs de la Valcaresse et S- « Laurent nous ont aussy bien particulièrement faict entendre la «bonne affection que vostre seigneurie porte au bien de ceste « cause commune, dont vous remercions bien affectueusement, « vous asseurant qu'il n'y a chose qui nous pourroit estre plus à «gré, que de sentir les effects de ceste vostre dicte délibération. « Et comme ces pays sont pour traicter avec le roy très chrestien « de France pour l'accepter pour prince et seigneur, sur certaines
(K cooditions et articles^ nous prions vostre seigneurie bien affeca tueusement nous favoriser en cecy tant avec son crédit et assisce tance et intercession de tous ses parens et amis , af&n que Sa « Majesté soit servie nous accepter pour ses très humbles et très «obéissans subjects ; k quelle fin nos députez sont sur leur par- «tement pour aller trouver Sa Majesté, faisant estât que ceste a conjonction sera une perpétuelle et ferme asseurance des ^lises «de France et de ces pays, et le vray moyen par lequel vostre «seigneurie aura occasion de revenger ledit massacre abomianable, etc.,etc.i>
Lettre du maréchal de Montmorency awv États généraux.
2 octobre 1584.
{Archives du royaume de Hollande,)
« Messieurs, je porte un extrême regret en la perte de feu M. le (K prince d'Orange, qui m*est commune avec vous, pourTamitié «particulière qu'il m'avait toujours portée, et Talliancequi estoit « entre sa maison et la mienne, par le moyen du mariage d'entre lui (( et Madame la princesse, sa veuve, ma cousine. Et ce qui augmente «encore plus mon ennuy,est celuy que jesçay que souffre madite « dame la princesse, pour se voir privée de la compaignie de ce «prince, dont elle avait reçu tant d'honneur, et qui l'avoit si «chèrement aymée ; ce qui me faict vous supplier bien humble- « ment. Messieurs, que vous représentant devant les yeux les « peines et grands travaux qu'il a prins pour vous, jusques à y «avoir achevé sa vie, l'extrême et cordial amour qu'il vous a « tousjours porté, qu'il vous plaise, puisque vous n'avez moyen «d'user de recognoissance envers luy, qui n'est plus, que ce soit «aumoins a l'endroict de ma dite dame princesse et de son fils «qu'il a laissé, que je vous supplie les en vouloir faire ressentir, «et les avoir en singulière recommandation, obligeant par ce
a moïen les meilleures maisons de France, à qui ilz appartiennent, «d'en prendre leur revanche, ce qu'elles feront très volontiers «en tous les endroicls où elles penseront vous pouvoir servir, a et que l'occasion s'en présentera, et singulièrement moy qui a la rechercherai, en attendant qu'il vous plaise m'en donner <cles moyens, par le désir que j*ay de vous faire cognoistre « combien j'estimerai les faveurs que madicle dame la princesse «et son fils auront reçues de vous; à quoy, pour cest eflfect, «j'offre ma personne, mes amyset mes moïens, etc., etc.»
Lettre des États généraux au maréchal de Montmorency.
i6 novembre i584.
{Archives du royaume de Hollande,)
ce Monsieur, nous avons reçu une lettre de vostre seigneurie, «du 2 d'octobre dernier, par les mains de MM. de la Valcaresse «et de S -Laurent, lesquels en conformité d'icelle, nous ont claire- «ment fait entendre le regret que Vostre Excellence a prins «par les tristes nouvelles du malheureux et cruel assassinat «commis en la personne de feu Monseigneur le prince d'Orange, «etc., etc.»
Nota. Le texte de cette lettre au maréchal est, en tout semblable à celui de la lettre adressée par les États généraux à Fr. de Chastillon, le ili novembre 158li.