‹ Louise de Coligny princesse d'Orange (volume 3)Chapitre 36 sur 55 · NET · texte numérisé non relu

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On ignore à quels faits s’appliquaient les griefs de la princesse d'Orange contre le comte Ernest. Le peu qu’on sait des relations de Henry Frédéric avec lui, en l’année 1603, se réduit au contenu des deux lettres suivantes.

S fer Lettre de Henri Frédéric de Nassau au comte Guillaume

de Nassau. 23 octobre 1600.

(Archives générales du royaume de Hollande.)

QA Monsieur mon cousin, Monsieur le comte Guillaume de «Nassau,

«Monsieur mon cousin, je vous remercie bien humblement du «beau cheval que vous m’avés envoyé. Mon cousin le comte « Ernest est bien en colère. de ce que j’ay prins cestuy-là et dict «qu'il vous tancera bien par la lettre qu’il vous en escrira. «Messieurs de Rohan ont esté icy, qui se louent fort de la bonne «chère que vous leur avés faicte. Ils ont dict à mon frère qu'ils «ont monté vos chevaux, et qu'ils sont extrêmement bons; «mais il n’en veut rien croire, qu’il ne les ayt vûs luy mesmes. «Si vous ne venés cest hyver icy, j'espère que j'aurai l'honneur

«de vous voir, car je suplieray mon frère de me donner congé «d'aller en Frise. En attendant, tenés moy tousjours en vos «bonnes grâces et croiés que je seraÿ, toute ma vie, Monsieur «mon cousin, vostre très humble cousin, à vous faire service.

CF. Henry de Nassau.

«à la Haïe, ce 23 «octobre 4600. »

Le comte Ernest Casimir de Nassau au comte Guillaume Louis de Nassau. 23 octobre 1600.

(Archives générales du royaume de Hollande.)

CA Monsieur mon frère, Monsieur le comte Guillaume, Louis «de Nassau. :

« Monsieur mon frère, vostre palefrenier avec les trois chevaux «est arrivé ici, à la Haye, samedi passé, qui estoit le 20 d'oc- «tobre, et ayant adressé ses lettres à Monseigneur le comte Henry «et à moy, avec le faict voir les chevaux, desquels Monsieur Île «comte Henry a aussitost choisy le meilleur et retenu pour luy «le cheval qui vient de M. Hornekens, qui, à la vérité, est très «noble cheval et luy plaist merveilleusement bien, comme aussy «à tous ceux qui le viennent de voir. Jay doncques retenu les «autres deux pour moy, l’un du capitaine Zalouski, en «contr’échange de ma haquenée, et le grand jeune cheval que «vous m'avez donné; d'autant que M. le comte Henry ne l'a «voulu prendre, desquels vous baise bien humblement les mains, «ne doubtant nullement, avec le temps, en uirer bon service. Je «vous envoie icy l’Infante, et si, en cas qu’en chemin elle n'a «malheur, m'assure qu'elle vous plaira bien. Il n’y à rien de «nouveau icy que je vous puisse mander. La (relation) de la

«bataille passée en Flandre, que Son Excellence fait faire, n’est

«pas encore imprimée; sans quoy je vous l’aurois envoyée... «Je suplieray l'Éternel, Monsieur et bien-aimé frère, de

«vous continuer en sa saincte protection. |

«Donné à la Haye, le 23 d'octobre, l’an 1600. « Vostre très humble et fidèle frère, à vous servir,

«Ernest, Casimir, comte de Nassau. »

NA ED Acte des T7 décembre 1600 et du 17 janvier 1601.

(Archives de la maison d'Orange-Nassau, n° 215b.)

«Comme ainsi soit que les seigneurs et dames, enfans de feu, «de très illustre, haut et puissant Monseigneur Guillaume, «prince d'Orange, comte de Nassau, etc., etc., depuis quelque «temps en çà, ont esté en communication, alin d’adviser ei «prendre par ensemble une bonne et finale résolution, au «regard du partage des terres, biens et seigneuries délaissés par «le susdit feu Monseigneur le prince, leur très honoré pére, «d’heureuse mémoire, ce qui a jusques à-présent esté différé, «pour certains bons respects, signomment à cause de l'absence : «de Monseigneur Philippe-Guillaume, prince moderne d'Orange, «leur seigneur et frère aisné; mais voyant qu'il n'a pleu au «souverain Dieu de leur faire encore ce bien, qu'ils puissent «espèrer de sitost jouir de sa présence, comme ils eûüssent bien «souhaité, et les affaires concernant leur maïson l’eussent bien «requis, à leur très grand regret, et que plus longs délais et «remises apporteront enfin, et pour l’un et pour l’autre; un très «grave préjudice; pour à quoy.obvier et prévoir, ont:

«le très illustre, haut et puissant Monseigneur Maurice, né «prince d'Orange, comte de Nassau, d’une part:

«la très illustre, haute et puissante dame Louise de Coligny, «princesse douairière d'Orange, dame vefve dudict feu seigneur «prince d'Orange, d'heureuse mémoire, comme mère et garde- «noble, et au nom de très illustre, haut et puissant Henry, Fré- «déric, aussy né prince d'Orange, comte de Nassau, son fils, «et frère puisné du susdit prince Maurice, d’autre part ;

«Trouvé bon et esté conseillés de si finalement sur ce ré-

«souldre : |

(Suit la désignation des biens attribués à Maurice de Nassau).

«...Ledict Seigneur comte Henry Frédéric aura pour son «partage et succession personnelle, pour en jouir comime de son «propre bien, premièrement la ville’et seigneurie de Gertruy- «denberg, ainsi qu'elle est tenue par droict d'engagement et «oppignation du conté d’Holande, avec toutes ses améliorations «et appartenances, et la maison qui fut bastie par feu mon- «seigneur le prince d'Orange, de haute mémoire. — Aura «encores les seigneuries de....., à la charge et condition que «ledit seigneur comte Henry payera, hors desdits biens, à Ma- «dame la princesse sa mère, ce aussy acceptant par ceste, son «douaire avec les arrérages, et aussy à chacune des dames «princesses de Nassau-Bourbon, sœurs de leurs Excellences, du «troisième lit, mille florins Carolus, par an... |

(Suit la désignation d’une part de biens réservé pour le frère aîné).

«En témoignage de quoy, et pour plus grande asseurance, «sont de ce faits deux instrumens d’une mesme teneur, tous «deux par leurs Excellences et la très illustre, haute ef puis- «sante dame Louise de Coligny, princesse douairière d'Orange, «comme mère et garde-noble du susdit seigneur comte Henry «Frédéric, soubzsignez et avec les cachets de leurs armoiries «cachetés, sçavoir, par madite dame, le XVII décembre, l'an

SR de De,

«1600, à Lierville, et par leurs Excellences, à la Hayes en Hol- «lande, le XVII janvier, l'an 1601.

« Loyse de Colligny, Maurice de Nassau.

CF. Henry de Nassau. »

[GE Os Autre acte du 17 janvier 1601.

(Archives de la maison d'Orange-Nussau, no 2156.)

«Son Excellence ayant eu rapport de l'accord qui avait esté «convenu pour esgaler et accommoder ce qui se trouvait de «différence et partages faicts par le pourveu du testament ou «dernière volonté de feu Monseigneur le prince d’Orangé, de «haute mémoire, son seigneur et père, entre ladite Excellence «et Monsieur le comte Henry Frédéric, son frère maisné, depuis «ageréé, signé et consenti de Madame la princesse douairière «d'Orange, sa belle-mère, comme garde-noble dudict sieur «comte Henry, son frère, et ayant sur tout müûrement délibéré «et advisé, et aussy eu sur ce l’advis des ceux de son conseil, «a ledict accord pareillement aggréé et ratifié de sa part; et, «en signe de ce, signé et cacheté, et sur ce pied et avecq ceste «intention et volonté, et non aultrement a dressé et passé «cejourdhuy les instrumens notariaux sur l’appréhension de son «partage; mais a néanmoins trouvé bon et accordé, eu esgard «que luy a esté faire rapport, que le sieur Mégueu, conseiller de «ladite dame princesse, y trouvait quelque difficulté, à cause: «que le revenu de la seigneurie de Gertruydenberg, et pescheries, «par les pièces dudit partage, se trouverait estimé à quatorze «ou quinze mille livres, par an, et que depuis quelques années «en çà il n’aurait esté que de sept à huict, neuf, ou dix mille «livres; que ladite dame princesse et ledict sieur comte, son «frère, demeureront en leur entier de pouvoir résilier ledict

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«accord, nonobstant l’aggréation que ladite dame en a faicte et «qu'elle a signé et consenti pour le temps d’un an, d’aujour- «dhuy, date de ceste, en remettant, en cas de. révocation « dudict accord, tous les biens desquels ladicte dame ou ledict «sieur comte aura pris la possession et jouissance, en tel estat «comme ils sont à présent. Bien entendu que ladite Excellence «demeurera pareillement, pour ledict temps d’un an, en son «entier, pour semblablement pouvoir résilier ledit accord et «demeurer sauf et entier en toutes ses actions, tant paternelles «que maternelles, tant en capital que ses arrérages, et qu’au «dict cas lesdictes déclarations notariales ne luy seront imputées «à aulcun préjudice ny intérest par ladicte dame, ledict sieur «comte, ou aultre quelconque.

« En signe de quoy ont esté faicts ces deux actes signés par «Son Excellence, d’elle et de mondict sieur le comte Henry, «d’aultre part. ;

«A la Haye, ce 47° jour de janvier, l'an 4604.

«Maurice de Nassau, CF. Henry de Nassau. »

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