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Les* Mêmes; la comtesse DE^IVRY, en habit
de cheval : LE RESTE DE1A CHASSE.
LA COMTESSE
Nous voilà, n|B oncle, nous voilà!
LE PRINCE
Et qu'y a-t-il donc , ma nièce ?
LA COMTESSE
J'étais fort inquiète de vou?, mon oncle, en voyant l'entretien se propager. Madame sait si bien faire des piisonrfl^, que je croyais qu'elle vous gardait en otage; aussi nous venions en forces pour vous délivrer.
LE PRINCE, présentant madame de Givry à Louise.
Madame , je vous présente ma nièce, la corn-
tesse de Givry.
(Henri salue la comtesse.)
LB PRINCE
Mais il me semble, ma nièce, que vous êtes ici en pays «le connaissance.
HENRI
J'ai eu le bonheur de passer un mois au < hâteau de Loré, pendant le séjour de madame la comtesse.
LAORANGE , à part.
Il n'en avait jamais parlé.
LOUISE
C'est un bonheur que nous lui envions tous , car madame n'a pas besoin d'un titre pour être illustre.
LA COMTESSE
Ah! madame, que me rappelez-vous là?...
mes années de triomphe, d'enivrement!... ah! ce sont mes jours dorés.
LE PRINCE
Madame !...
LA COMTESSE
Mais avouez , monseigneur, que j'ai déchu en m'alliant à votre neveu... j'étais, tour-àtour, héroïne ou princesse, Juliette, Didon , Sémiramis... Il m'a faite comtesse, c'est de la décadence.
Ma nièce! ma nièce!...
LA COMTESSE, à Louise.
tardonnez-moi, madame: c'est que je suis ï l'ivresse d'un premier triomphe.
LOUISE
Expliquez-moi, de grâce!...
LA COMTESSE
Voici trois jours que je suis la chasse avec mon oncle.
LAGRANGE, à part.
Trois jours !...
LA COMTESSE
Mais aujourd'hui, pour la première fois, je l'ai suivie à cheval. L'air, le mouvement, le bruit des cors m'avaient enivrée... Je me croyais
lin général d'armée... si bien que, quand je suis arrivée devant le fossé de votre parc, mad.irne, j'ai erilevé mon cheval, et j'ai sauté la première.
LE PRINCE
Ce qui ne m'a pas peu étonné, car vous n'êtes pas intrépide, d'ordinaire.
LA COMTESSE
Oui , mais il y avait un costume , un rôle... une robe d'amazone , c'est presqu'une armure. Je croyais jouer Tanciède; et quand je jouais Tancrède, j'étais brave comme un héros.
LE PRINCE
Allons , assez de folies , ma nièce , et joignezvous à moi pour prier madame de nous donner un jour au château de Miré.
LOUISE
Prince , nous ne sortons jamais.
LE PRINCE
Le vainqueur ne peut pas refuser une grâce au vaincu.
LOUISE
Monsieur de Lignerolles se rendra à cette invitation; mais, pour moi, mes devoirs de fille et de mère me retiennent ici.
LE PRINCE
Vaine excuse !... votre charmante enfant ne vous quittera pas, et monsieur Lagrange, pareeque j'ai des princes pour aïeux, ne refusera pas de vous accompagner.
LAGRANGE
Non, monsieur.
LE PRINCE
Ainsi, tout est convenu : d'aujourd'hui en quinze ; vous le voulez bien?
LOUISE
D'aujourd'hui en quinze.
(Le prince salue pour sortir.)
HENRI s'approche de la comtesse et lui dit à voix
basse.
Cécile , vous êtes charmante en amazone.