SCENE I
LAGRANGE, seul.
( Il entre et semble plongé dans une profonde réflexion )
Non, je ne m'e'tais pas trompé hier. Louise a essayé en vain de prendre un visage calme. J'ai vu derrière ce rideau immobile tout ce qu'il y avait de convulsions... J'ai besoin d'un conseil sacré, mes pas se sont involontairement portés vers ce lieu écarté où repose Adèle , celle qui fut la plus vertueuse femme et la meilleure mère... ( Moment de silence; il s'approche du massif.) 10 octobre!... il y aujourd'hui trente ans, la femme qui dort là était jeune et belle du bonheur qu'elle éprouvait et qu'elle donnait. A cette même heure , nous étions agenouillés devant un prêtre, et nous nous disions : «Tout et toujours l'un pour l'autre!... » Pendant vingtquatre ans, tu as été fidèle à ta promesse, et depuis six ans rappelée au ciel... et depuis six ans, voilà la première fois que je puis célébrer l'anniversaire de notre union là où tu reposes : car l'exil nous sépare même des morts. L Adèle, cet entretien avec ta cendre va être bien affreux ; mais l'ombre^CTune mère me conseillera bien pour sa fillef Adèle morte! Louise au désespoir ! ah ! ce serait trop !
( Il entre dans le massif.)
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