ACTE IV, SCÈNE VII
à voir vos ouvrages sans toilette. (Lisant.) A Blanche... Un autre nom que le mien ! il faut qu'il soit infidèle, au moins en vers.
HENRI
Louise !
LOUISE
Tu vois bien que je ne souffre plus, puisque je t'en parle. Te le dirai-je? je croyais que des années entières ne suffiraient pas à effacer des traces cruelles ; eh bien ! un an à peine... et tout a disparu... je m'appuie sur ton bras avec confiance , comme si je n'avais jamais souffert : j'ai foi , je suis heureuse !
HENRI, à part.
Quel supplice j'endure!
g0OOdOOOOOggOOOOOOOCSOS030000000930QOOC000000000009ÛOOOÛOe
j£ SCÈNE VIII.. ay LOUISE, HENRI, JOSÉPHINE.
JOSÉPHINE, entrant.
Ah ! mon Dieu ! mon Dieu ! qu'est-ce que cela veut dire?
LOUISE
t Qu'as-tu donc? te voilà toute tremblante.
henri, à part. ♦
Ah! quelqu'un vient à mon secours.
JOSÉPHINE
Tu sais, madame, que je devais ranger les livres que tu as rapportés ; M. Lagrange en avait pris quelques-uns, et était allé devant moi; j'entrais dans la galerie , quand lui arrivait au bcmt, à l'autre porte de cette bibliothèque. HENRI , à part.
Elle est perdue !...
JOSÉPHINE
Il ouvrit la porte, fit un pas pour entrer, puis, tout-a-coup, la referma brusquement, sembla hésiter un moment, et se dirigea sans m'apercevoir vers son appartement.
HENRI , à part.
L'a-t-il vue?
LOUISE
Et voilà ce qui te fait trembler?
JOSÉPHINE
Attends donc, madame; à mon tour j'arrive à la bibliothèque, je tourne la clef... fermée en dedans !... qu'en penser?
LOUISE
Que mon père en fermant la porte brusquement a faussé ïa clef.
JOSÉPHINE
Mais pourquoi n'est-il pas entré?
Parcequ'il a changé d'idée , apparemment. Mais, tiens, vieille enfant, nous allons entrer dans cette terrible bibliothèque par cette porte-ci.
HENRI
Mais... la ciel est égarée... je n'ai pu la trouver ce matin.
iijjp
LOUISE
Cela ne fait rien ; j'ai là ma petite clef d'or qui y va, je crois.
HENRI, à part.
Ciel ! ( Haut.) Mais , Louise...
LOUISE
Laisse -moi la convaincre. (Elle s'approche de la porte et essaie la clef.) Ah! ma clef ne va pas. HENRI, à part.
Je respire !...
JOSÉPHINE
Vois-tu , madame ?
LOUISE
Eh bien ! je vois que ma clef ne va pas ; estce que tu crois que c'est l'esprit malin qui s'est logé dans le trou de la serrure?
JOSÉPHINE
C'est égal , madame. ; il y a là quelque chose d'extraordinaire.
Eh bien ! voyons , viens avec moi habiller Marie , et tu iras après chercher un ouvrier dans le village. Oh ! tu es bien une vraie nourrice. Viens-tu , Henri?
HENRI
Je te suis.
(Elle sort.)