LE DOMESTIQUE
Pardon, monsieur... un homme à cheval apporte cette lettre pour M. de Givry : on l'a envoyé du château de Miré; il dit que c'est très important.
M. DE GIVRY, lisant la lettre.
Ah!... ah!
LAGRANGE
Qu'y a-t-il?...
M. DE GIVRY, à Lagrange.
Lisez , monsieur, lisez tout haut ; cet homme comprendra peut-être enfin ce qu'il est.
HENRI
Je tremble !
LAGRANGE
Elle est du prince de Miré... (Lisant.) « Mon « ami , un malheur affreux vient de nous frap- «< per ! Hier, madame de Givry , en s'échap- « pant de Lignerolles , s'est réfugiée au châ- « teaudeBeaumont ; mais, bouleversée par tant « de secousses , dévorée par la crainte , par la « honte, par le repentir, elle a perdu la rai- « son. »
HENRI
Ah! grand Dieu !
M. DE GIVRY, s'élançant à lui et le prenant par une main.
Entendez-vous, monsieur... entendez-vous?...
( Henri fait un mouvement , Lagrange lui saisit l'autre
main.)
M. DE GIVRY
Vous voici entre vos deux juges.
LAGRANGE
Entre les deux hommes qui représentent vos victimes.
HENRI
Laissez-moi !
LAGRAKGE.
Louise noble et dévouée!
M. DE GIVRY
Cécile belle et heureuse!