‹ Louise Miller drame en cinq actes en vers traduit de SchillerChapitre 52 sur 90 · ACTE III, TABLEAU II, SCÈNE I. 7S · texte numérisé non relu

ACTE III, TABLEAU II, SCÈNE I. 7S

LOUISE

Ne me dis pas pourquoi ;

Car j’ai cru l’cnlrevoir !

FEHD1NA^■D.

Le bonheur tient à quoi?

A savoir le chercher... Que t’importe le monde?

Pourquoi rester, enfant, où la tristesse abonde,

Où nous souffrons toujours?.. Sur l’Elbe au bord fleuri,

Sur le Rhin ou l’Oder, ces grands yeux dehouri Seront-ils moins brillants? à Venise, à Florence...

Ma patrie est aux lieux qu’embellit ta présence!..

Dans le désert brûlant la trace de tes pas Me dira le chemin où le malheur n’est pas.

Car, quel que soit l'endroit où marche ma Louise,

Sol glacé, sable en feu !.. c’est la terre promise!

N'importe où nous irons, le soleil nous suivra...

Éclairant notre amour, dès qu'il se lèvera ;

Et, quand viendra la nuit, nous nous verrons encore;

Car il est dans nos cœurs, une éternelle aurore :

L’amour! toujours l’amour!

LOU ISE.

Et tu ne veux pas voir En dehors de Ion cœur s’il est d’autre devoir?

FERDI^A^D.

Le plus sacré pour moi, c’est ton repos... je t’aime !

LOUISE, sérieuse.

Alors, va! laisse-moi I par respect pour moi-mème.

Je ne puis lâchement, quand il n’aime que moi,

Abandonner mon père, un vieillard!... Oh! lais-toi!

Et quand le président l’a menacé!...

FEHDIN AND.

Ton père

Nous accompagnera... tu ne vas pas, j’espère,

Vouloir combattre encor ma résolution!

Cette nuit... chère amour...

La malédiction

De ton père, oh! croîs-moi, dans la nuit la plus sombre Saura nous retrouver... la haine y voit dans l'ombre...

La malédiction, quelqu'indigne que soit Celui qui la profère, au ciel, Dieu la reçoit

Et l’exauce toujours... En vain on prend la fuite...

La malédiction est sans cesse à la suite

De ceux qu’elle a frappés; comme un spectre hideux,

Quand ils se croient sauvés, elle se dresse entre eux!

S’il faut à ton amour un tel crime pour gage.

J’aurai de te quitter... le terrihlo courage...

(a part.)

Ail ! mieux vaudrait cent fois la mon !

FERDINAND, sombre.

Réellement?

LOUISE

Teperdrel.. oh! ce motseulest un affreux touimient!.. Te perdre, bien-aîmé; non, ce n’est pas possible,

Non, je ne l’ai pas dit... ce serait trop horrible!..

Je ne veux pas te perdre...

(Très-triste.)

il le faut cependant...

Ton cœur n’est plus le mien... il est au président,

A ton rang dans le monde !.. Ah! que Dieu me protège ! Je le comprends trop tard, c’était un sacrilège Que cet amour fatal ; le ciel veut m’en punir Et me ferme ton cœur en t’ouvranl l’avenir.

FERDINAND, plus sombre.

11 te ferme mon cœur?..

LOUISE

Non. Je te sais capable De lutter jusqu’au bout... Mais je serais coupable D’accepter un amour que le monde maudit!..

Cet amour! mon bonheur!... le monde l’interdit;

Ah! le monde a des lois cruelles, je l’avoue;

Mais malheur à celui qui le blesse!... il se voue A la haine, au mépris... et le voir méprisé Par moi! pour moi, jamais! . oh! mon cœur est brisé! Laisse-moi ranimer le tien par mon exemple.

(a part.)

J’avais pour son amour fait de mon cœur un temple ;

Le monde ne veut pas que je l’aime!., va... prends Tes serments, mon honneur, monôme...

FERDINAND, plus sombre et presque bas.

Je comprends.

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