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Nous avions avec nous un détachement
de la Police à cheval, un très beau corps,
bien monté et habitué aux Indiens.
Nous avions aussi ce brave Short, un type de l'officier d'artillerie qui eût fait honneur à n'importe quelle armée, que nous aiïimions
et dont nous étions fiers.
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Les éclaireurs nous avaient appris que | Poundmaker, un Cri, qui peu de temps avant avait servi de guide au Gouverneur-Général dans un voyage entrepris aux Montagnes
Rocheuses pour visiter les Pieds-Noirs, s'é-
tait joint aux rebelles. Cette nouvelle sem-
blait indiquer que le soulèvement était
général, car Poundmaker était un Indien
intelligent, bien connu des Pieds Noirs et
chef reconnu des Cris. Il fallait empêcher
Poundmaker de gagner l'Est et de se
ioindre à Riel. Nous quittâmes done Bat-
tleford avec une mitrailleuse Gatling, deux
ar
canons de campagne, quarante-cinq chariots et 150 hommes.
Après une courte halte à la tombée du jour pour attendre la clarté de la lune notre détachement marcha toute la nuit à travers cette longue plaine dont la monotonie n'était brisée que par quelques monticules au pied desquels se dressaient de petites touffes de peupliers. Au point du Jour, nous étions auprès du camp des Indiens et nos canons ouvrirent le feu par une pluie d'obus dès qu'on se fût assuré de leur position. Ils ripostèrent par un feu assez vif et assez meurtrier, à cause de l’imprudence de nos hommes qui s'exposaient trop.
Je me tenais auprès du major Short qui, avec Rutherford, dirigeait l'artillerie ; Short, comme disait plus tard notre chef, le colonel
Otter, semblait avoir un talisman lorsqu'il
se tenait ainsi en première ligne, compléte-
ment découvert et pointant ses canons.
L'action était vive et il était impossible de disting 1er les tirailleurs de l’ennemi embusqués dans les buissons.
Tandis que je surveillais un engagement sérieux qui avait lieu sur la gauche, quel-
qu'un nous Cria :
“ Gare! gare! voyez là !”
Aussitôt j'aperçus un groupe d’Indiens dans un buisson, tout près de nous. Ils arrivaient à la course pour sauter sur la mitrailleuse, En un instant Short nous avait appelés et le sabre d’une main et le revolver de l’autre, il se précipitait dans le bois, nous entraînant à sa suite. Je vois encore le képi de Short tomber, traversé d’une balle tandis qu’il était aux prises avec les Indiens ; il abattit le tireur d'un coup de revolver et sauta sur un autre qui le tenait en
joue. L’Indien tomba aussitôt frappé à
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mort, en lançant une imprécation farouche.
Nous tirions sans arrêter et bientôt les Indiens prirent la fuite.
Dans la poursuite, je m'arrêtai pour examiner le corps de celui qui avait tiré le dernier sur Short. Quelle face blême, la bave sanguinolente sortait de sa bouche !
C'était Mistassu.
Nous voilà donc retrouvés !
J'eus à peine le temps de m’emparer de sa coiffure sacerdotale; dans l'excitation je crois que je lui aurais enlevé toute sa friperie indienne, mais il fallait revenir à la hâte à la mitrailleuse. La lutte se continua, et ce n'est que plus tard que notre mission fut terminée. Nous avions fait notre possible pour arrêter la marche de l’ennemi vers l'Est et nous ne pouvions nous risquer davantage
avec le peu d'hommes dont nous disposions.
Enfin la leçon était donnée. On amena les
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avant-trains et on se retira lentement au milieu de routes de charroïi complètement défoncées. Short, toujours au poste d’'honneur, à celui du danger, quitta sa place le dernier en lançant une dernière volée qui étouffa le crépitement de la fusillade.
Les Indiens ne nous poursuivirent pas et nous attelgnâmes Battleford en bon ordre avec tous nos morts.
Inutile d'insister sur notre courte campagne et notre utile victoire.
J'en ai fini avec les aventures indiennes, de guerre et d'amour.
Nos succès avaient été chèrement payés au prix d'une bonne leçon pour le gouvernement canadien. La rébellion avait montré que le rôle de soldat se joue même au milieu de la plus paisible et tranquille population ; que c’est folie de n'avoir pas en tout
temps une force organisée pour la défense
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1yés ver- 1one au >Jputout
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et aussi, s'il le faut, pour l'attaque, qui est la sauve garde de la défense.
Si le Canada avait eu sous les armes plus
de troupes régulières, la rébellion eût été impossible. S'il avait reconnu plus tôt la nécessité de protéger la paix par des hommes armés sur un pied convenable, il n'au- ‘rait pas eu déplorer la bataille douteuse de Cut-knife et les pertes douloureuse de Batoche. | Ici finit mon histoire.
La connaissance que j'ai faite des Indiens, est bien suffisante, ct pourtant je suis resté dans la milice canadicane tout en promenant dans les tribunaux le grand sac bleu qui est le signe distinctif de l'avocat d'avenir.
J'ai commencé par des réflexions de haute
moralité sur le regret qui n'accompagne pas
toujours nos mauvaises actions, Je crois
que le Canada sera plus sage à l'avenir.
Quant à moi, il y a longtemps que je suis marié et cependant je ne regrette pas d’avoir aimé autrefois la pauvre Kioshka et surtout je n'ai aucun scrupule de m'être trouvé là lorsque Mistassu a attrapé un
maUuvAIS COUP.
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un