‹ LourdesChapitre 37 sur 57 · XXIV · texte numérisé non relu

XXIV

M?6 Oppeneau avait, nous dit son médecin, une pleurésie purulente avec nécrose partielle du côté gauche ; elle a été guérie subitement dans la piscine de Lourdes.

Mlle Le Bourlier arrivait à Lourdes avec un certificat du Dr Helleu,»de Paris, qui certifiait qu'elle était atteinte de bronchite tuberculeuse* Le 23 août, au sortir de la piscine, elle se présenta devant le Bureau des médecins et il nous fut impossible de trouver chez elle aucun signe certain de phtisie pulmonaire.

. Journal le Pèlerin 1890, page 510.

Pierre Rodier.

Dr Bastard.

Le Dr Bastard, de Paris, portait le même jugement sur Pierre Rodier, qui a été guéri pendant le dernier pèlerinage national.

Ces derniers faits pourtant sont encore trop récents pour présenter les garanties nécessaires. Nous ne pouvons les citer que pour mémoire sans pouvoir encore préjuger l'avenir.

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Mais voici un fait bien concluant et qui Annales, a été étudié par deux médecins qui ont t0Xnna Eafr238 soigné Mlle Anna Catry, de Bousbecque Dr Lefebvre.

(Nord), pendant 28 mois. , ,Dr ^uâî^

t A ^ x ^, ^ %* 14 sept. 1887.

Le Dr Dumont nous déclare que cette

jeune fille est atteinte d'une caverne bien

manifeste au sommet du poumon gauche.

Le Dr Lefebvre, professeur à l'université

de Louvain, porte le même jugement que

son confrère.

La malade part le 11 septembre 1887 pour Lourdes. Après quatre immersions, elle retrouve immédiatement la santé. Le Dr Dumont, dans un second certificat que nous pouvons citer comme un modèle de précision et d'exactitude, nous dit avec une franchise qui ne connaît pas les réticences :

« J'ai soigné Mlle Catry depuis novembre 1886 jusqu'au 11 septembre 1887, pour une tuberculose qui datait déjà d'un an.

» On constatait avec certitude une caverne au sommet du poumon gauche. L'oppression, les crachats purulents, la fièvre, les sueurs, l'aphonie, formaient le sombre cortège des symptômes de la maladie.

» Depuis son retour de Lourdes, tous les

symptômes que nous venons d'énumérei ont disparu. Mlle Catry, qui pouvait à peine quitter son lit, sort à toute heure et sans fatigue, et sa santé depuis cette époque s'est maintenue parfaite.

« Vervicq, le 20 novembre 1889.

» Dr DUMONT. »

En relevant les principales observations de maladies de poitrine, nous avons laissé de côté tous les faits qui n'étaient pas appuyés par le témoignage formel d'un ou de plusieurs médecins. Ces derniers faits sont extrêmement nombreux et souvent très importants. Dans les premières années du pèlerinage, dans les premiers numéros des Annales, on négligeait parfois les enquêtes médicales, oi: du moins on omettait de reproduire les divers certificats qui complétaient les dossiers des malades. C'est ainsi que dans le tome 9, page 270, on trouve le récit très détaillé de la guérison de Mme Arnal, de Paris, subitement guérie d'une affection tuberculeuse des poumons arrivée au 3e degré. On nous dit que le médecin avait constaté la maladie de poitrine, mais sans nous donner le nom du médecin et sans reproduire les termes de son attestation. Nous avons laissé de côté tous ces exemples, et ils se rencontrent à chaque page, dans l'histoire des guérisons de Lourdes.

Nous n'avons pas suivi la tuberculose dans ses

formes si variées et si multiples. Si le poumon est son terrain de prédilection, la tuberculose ne s'en développe pas moins dans tous les organes, dans tous les tissus ! On la retrouve dans le cerveau, dans les os, les articulations, dans les ganglions et dans la peau. Pour être complets, nous aurions dû parler des méningites, des caries, des tumeurs blanches, des abcès ou des plaies, de toutes ces affections si rebelles qui s'effacent et guérissent spontanément à Lourdes.

Le 14 septembre dernier, le Dr Prades, du Tarn, déclarait que MUe Lucie Séverac était atteinte d'une tumeur blanche au genou gauche et qu'il y avait tout lieu de penser que cette maladie était incurable.

Lé 29 du même mois, le Dr Prades disait : Nous avons revu aujourd'hui Lucie Séverac et nous avons constaté, non sans surprise, que son genou ne portait aucune trace de sa maladie antérieure, qu'elle ne présentait ni douleur, ni claudication et qu'elle jouissait d'une santé parfaite.

De tels faits sont extrêmement intéressants, et si nous relevions toutes les formes de manifestations tuberculeuses guéries à Lourdes, nous aurions les éléments d'un travail clinique des plus étendus. Le tubercule est l'aboutissement et le terme de toutes les misères physiques et souvent de toutes les souffrances morales. C'est un traité complet de médecine, embrassant tous les âges, que nous pourrions écrire.

go.

Mais pour rendre notre démonstration plus claire et plus saisissante, nous avons limité nos recherches sur le terrain de la phtisie pulmonaire, Pour donner plus de force à notre raisonnement, nous avons à dessein laissé de côté toutes les observations qui ne s'appuient pas sur le témoignage de tous les médecins qui ont soigné ces malades, témoignage expressément donné dans des certificats qui ne laissent subsister aucun doute.

En agissant ainsi, nous avons cependant conservé trente observations. Dans la première, dans la guérison de S* Julienne, nous avons vu que six médecins avaient constaté sa maladie et sept ou huit sa guérison.

Plus de cent médecins assurément viennent appuyer de leur témoignage l'enquête que nous poursuivons. Dans ces faits encore récents et dont le retentissement a été considérable, on a pour juges, les parents, les amis, et souvent les hommes les plus réfractaires à toute idée de surnaturel. Ces hommes ont été les témoins des événements. Si, dans notre récit, un seul point, une note, une nuance même étaient contestables, ils seraient immédiatement relevés. Nous pouvons varier dans les questions d'interprétation; mais dans l'exposé et le développement du fait, nous devons être absolument d'accord.

Une histoire écrite de la sorte, sous les yeux des contemporains, abandonnée au jugement, à la critique

de tous les témoins, amis ou adversaires, sera de nos jours une histoire sérieuse et laissera pour l'avenir des pages toujours utiles à consulter.

Nous voilà donc en présence de trente guérisons de maladies de poitrine, les plus graves et les mieux constatées.

Mais si un médecin venait nous dire qu'il a pu guérir ainsi trente malades qui paraissaient voués à une mort certaine, n'exciterait-il pas et l'étonnement et l'admiration de tous ses confrères? A l'heure actuelle, tous les savants cherchent le remède de la phtisie. Si, par des inoculations heureuses, ils obtenaient, non pas trente, mais dix ou vingt succès, ils croiraient avoir dérobé le feu du ciel. Leurs résultats inattendus seraient prônés par toutes les voix de la presse.

Dans les guérisons dont nous venons de faire le récit, il est une chose plus étonnante encore que la guérison elle-même, c'est son instantanéité. Guérir trente phtisiques, qui touchent au terme de la vie, est chose qui dépasse la portée de nos moyens. Mais guérir en un instant, en une seconde, sans transition, sans convalescence ; voir de malheureux agonisants, décolorés, sans souffle, sans voix, sans connaissance, retrouver dans une secousse, rapide comme l'éclair, la vie, la force, la santé, la pleine possession de leurs fonctions et de leur intelligence, voilà bien un résultat qui n'est pas seulement au-dessus de nos moyens, mais qui est

contraire à toutes les lois naturelles, à toutes les règles de l'observation scientifique.

En relisant ces observations, médecins de toute école et de toute doctrine, nous devons reconnaître, dans ces guérisons instantanées, la main d'une puissance plus haute, l'empreinte d'une facture divine. Tous les moyens dont la médecine dispose, toutes les ressources de la nature ne peuvent effacer, avec la rapidité de l'éclair, des lésions graves, profondes, accumulées pendant des mois et des années. Si jamais, grâce aux découvertes modernes, on vient à pouvoir conjurer ou guérir la phtisie, le remède ne sera ni infaillible, ni instantané; on ne ramènera pas ainsi un malade de l'agonie à la santé, on devra suivre une méthode lente, graduelle.

Inclinons-nous ici devant ces résultats merveilleux ! Les sciences humaines, limitées comme notre raison, ne peuvent atteindre à cette hauteur; mais elles peuvent mesurer la distance qui nous sépare du monde surnaturel. Elles peuvent nous constituer juges des garanties de tous genres qui établissent la réalité de ces guérisons surhumaines, C'est sur ce terrain que nous limitons nos recherches ou nos affirmations.

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