‹ Lucien MétivetChapitre 12 sur 16 · ROMAN ROMAIN · texte numérisé non relu

ROMAN ROMAIN

Et le peuple, les mains derrière le dos, ne se lassait pas d'applaudir. On vit passer par la via Quinquina, sous la Porte Libertine, les manillaires, les tapazontes, les sonéphores, les corniculaires, les pindœpices, les aumamaires, les imbœciles, les cathares avec les vibrions, trois cardelites et deux miciphons, les guérites aux souliers de marbre, les voriens aux lances de feutre et les omoplates aux focules de bronze.

Cependant Triplanus suivait à la thrace la belle Mimosa. 11 la guettait, caché derrière le pothyron du temple de la Lune. 11 avait égorge le grand-prêtre lunatique et pris possession de l'édifice, en s'écriant : « Maintenant ce temple de la Lune a un maitrel »

Hynodore, le grand Vestiaire, ayant appris par son esclave Sultrone les projets de vengeance de Triplanus. n'était point sans inquiétude; il consulta les marchands devins et les aruspices partout; il alla jusqu'à interroger la statue de Vesfa Pèlerine.

un soir que la foule élégante des batraciens revenait du cirque Medranus où l'on avait assisté à des courses de chars latanesques et à des exercices de Tireurs-à-l'Arcde-Triomphe, Triplanus saisit Mimosa par le pan de son glabre et l'emporta dans la rue Bina. Chargé de son fardeau presque inerte, le forcené gagna la place de l'Obélisque...

...ouvrit la porte du monument, et, jetant sur une peau de zébi la vierge éperdue, la força à jouer un air de tibia, puis la précipita par la fenêtre...

Ainsi périt Mimosa, fille du grand Vestiaire, pour avoir insulté Triplanus, gardien de l'Obélisque.

— Et puîs, garanti sur facture, ma fille est une double demi-vierge.

ou LES QUATZ'ARTS

LES POTINOLOGUES

— ... On lui a prêté trois amants.

— ... On dit même qu'elle ne les a pas rendus.

— Nous passâmes les vacances dans un pays merveilleusement accidentel, dort la plupart des rues sont adjacentes et où l'on est approximatif de tout... un véritable mât de cocagne.

Page 1