SCÈNE X
AMÉLIE, M m# DE CERNAV, OVIDE.
Qu’a-t-il donc votre patron, Ovide ? Je l’examine depuis que je suis entrée... Il ne m’a pas même saluée, et le voilà qui sort tout effaré.
Amélie, à part.
Qu’a-t-il voulu dire?...
OVIDE
Ce n’est pas son ordinaire, belle cousine ; mais aujourd’hui ça se conçoit.
M me DE CERNAY.
Pourquoi aujourd’hui ?...
Parce que Marseille est sans dessus dessous.
H ,nc DE CERNAY.
Et pourquoi toutMarseille est-il sans dessus dessous ?
OVIDE
A cause d’une épouvantable affaire... Une vaste association de faussaires.
AMÉLIE
Une association?...
OVIDE
Grandiose!... gigantesque!... Des gens très-bien... tr Et pour commis-voyageurs des femmes charmantes
M me DE CERNAY.
Que dites-vous là ?...
OVIDE
La Vérité... moi-même, j’ai été victime... mais toute petite victime, en comparaison de Bartas...
amélie, vivement.
M. Bartas?...
OVIDE
Oui... le grand banquier d’en face... Il y a quinze jours.
AMÉLIE
Quinze jours!...
OVIDE
Il a reçu des billets faux pour cent mille francs.
AMÉLIE
D’une femme ?
OVIDE
D’une délicieuse femme... qui portait une robe noire, écharpe rose, chapeau idem.
ahélie, bas à Af me de Cernay.
Sous un prétexte... éloigne ton cousin.
M m * de cernay.
Que dis-tu?...
AMÉLIE
Il faut que je te parle.
M m ® DE CERNAY.
En effet, tu es agitée... levais le renvoyer.... (A elle-même.) Quel prétexte lui donner?... (Haut.) Ovide, allez-vous-en...
OVIDE
Ma cousine?...
M m * DE CERNAY.
Allez-vous-en.
OVIDE
Mais je croyais...
M me DE CERNAY.
Je ne dis pas le contraire... Mais nous voudrions n’étre que deux... Alors, vous... comprenez.
OVIDE
Ah! oui... qui de trois sort un, reste... c’est juste, ma cousine, c’est juste... (Il sort.)