‹ Lucienne dramevaudeville en deux actesChapitre 2 sur 57 · LÉON, LUCIENNE, OVIDE · texte numérisé non relu

LÉON, LUCIENNE, OVIDE

Lucienne, à son frère.

Tiens ta tête plus droite.... tourne-toi donc de mon côté ( A‘ part.) ; il ne m’entend pas ; il est préoccupé...

oviue se levant et allant regarder le portrait.

Parfait, parfait de ressemblance, mademoiselle Lucienne... (passant à gauche de Léon.) Vous n’avez pas d’autres travaux à me donner, mon cher patron ?... C’est qu’il y a farandole aujourd’hui à Marseille, sur le port, et je ne sais... quand j’y pense... cela me donne des inquiétudes...

Des inquiétudes...

Oui... dans les jambes... je ne puis pas tenir en place.

LÉON

Le commerce n’est pas votre vocation, mon pauvre Ovide.

OVIDE

Dame!... c’est mon père qui a tenu absolument à me placer dans vos bureaux... C’est égal, vous ne me croirez pas sans doute; mais tel que vous me voyez, j’ai fait une bonne affaire.

Une bonne affaire I... Vous pensez donc à autre chose?

OVIDE

Oui, plaisantez... mais vous allez voir... Cette partie de sucre de dix mille francs, que vous m’aviez confiée en m’abandonnant les bénéfices, vous m’aviez recommandé de ne la

rendre qu’au comptant... Ah bien oui !... au comptant; je n’en trouvais que dix mille trois cents francs.

LÉON

Eh bien ! c’était toujours trois cents francs de gagnés.

J’ai mieux fait ; j'ai suivi le conseil de mon ami Derville.

LÉON

Est-ce qu’il est dans le commerce, cet ami Derville dont vous parlez toujours?

OVIDE

Non, mais il a fait l’affaire du sucre avec moi... et il m’en a fait trouver treize mille fr... en un billet sur Paris... trois mille francs de bénéfice!... Je lui ai avancé sa part, à ce cher ami... il avait un petit voyage à faire...

LÉON

Trois mille francs de bénéfice ; cela ne me parait pas trèsclair.

OVIDE

Oh ! c’est mon rêve, à moi, d’avoir de l’or, d’éblouir, d’étre lion comme mon ami Derville.

Léon, s'approchant de lui et à mi-voix.

Mais on dit que vous commencez déjà... vous faites des folies pour une danseuse du grand théâtre, une sylphide de province... pirouette de seconde qualité.

OVIDE

C’est égal., ça lance toujours son homme.

Léon, se levant.

Oui!... ça l’aide à sauter... Ecoutez, Ovide, je n’ai ni l’âge ni le caractère d’un censeur, mais vous savez la sévérité de votre père...

Mon patron... certainement... (Apar<.)S’il savait que j’ai payé avec mon bénéfice les diamants de Fœdora... dont le joaulier m’a escompté mon billet.

Lucienne, à Léon.

Ah ! si tu continues à causer comme cela...

Léon ; il reprend sa place. :

Me voilà !...

OVIDE

Et moi, je m’en vais. J’ai à passer chez le banquier Bartas

£ our la maison... puis, il faut que je fasse les honneurs de arseille à une parente, une Parisienne, qui m’a annoncé son arrivée.

Léon, vivement.

Une personne de Paris...

OVIDE

Oui... une veuve...

Léon, à part.

Fou que j’étais d’aller... m’imaginer...

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