ACTE II, SCÈNE I
LE DOMESTIQUE
Oui, monsieur.
OVIDE
Est-elle visible ?
LE DOMESTIQUE
Je l’ignore, monsieur... Elle est enfermée avec cette jeune personne qu’elle fait travailler depuis quelques jours.
OVIDE
Ah oui!... cette jeune Allé quelle a chez elle... On m’a dit qu’elle était jolie... je voudrais bien la voir...
LE DOMESTIQUE
Du reste, il y a là l’accordeur qui attend lui-même cette demoiselle; ainsi, madame sera libre bientôt.
OVIDE
A la bonne heure. (Le domestique sort par la porte de gauche.) J’ai besoin de consolations... Refusé au Jockey-Club, à l'unanimité, malgré la protection d’un camarade de collège qui en fait partie... Il est vrai qu’il m’avait engagé à ne pas me présenter... Je suis passé chez mon protecteur... absent !... Mon ami Derville avait raison... quand je l’ai retrouvé dans la capitale, il m’a dit : Ovide, vous avez quitté le commerce et vous êtes venu manger à Paris un héritage... c’est bien ; mais il manque à votre réputation de lion deux choses, une affaire d’bonneut et la préférence d’une femme du monde à qui vous serviez de chevalier et dont vous répéterez les mots. C’est la règle générale.
Air : *
Double devoir, il faut tuer son homme,
Puis, qu’une belle écoute enfin vos vœux,
De la discorde il faut cueillir la pomme,
Puis moissonner des myrtes amoureux.
Quand d'un mortel on a privé la terre,
Près de l'objet que l’on croit adorer,
Expions vite un crime nécessaire, ;
Au risque (à mi-voix) seul de le trop réparer.
Mais, quant à moi. je ne voudrais pas une affaire d’honneur si meurtrière... et avec des témoins pleins d’intelligence et d’humanité, on peut se mettre complètement à l’abri d’une maladresse... quant à la femme du monde, elle est trouvée... c’est ma cousine... je suis en assez bon train, auprès d’elle. le domestique, rentrant.
Madame attend monsieur Ovide...
OVIDE
Soyons captivant (Il sort par la porte de gauche, le domestique fait entrer Léon par la porte du fond.)