‹ Lucienne dramevaudeville en deux actesChapitre 31 sur 57 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

OVIDE, Mme DE CERNAY.

OVIDE

Une robe qui disparait.. . Allons, il est; écrit. . . que je ne la verrai pas.

Mme 0 E CERNAY.

Vous êtes trop dangereux, Ovide.

Ovide, avec fatuité.

Oh ! pas pour les grisettes. . . 'Eh bien! c’est décidé : vous viendrez ce soir à la deuxième représentation du Ballet nouveau. . . J’ai décidé M. Campredon à être des nôtres.

M ffl e de CERNAY.

Ne comptez pas sur moi, je vous l’ai dit.

OVIDE

Et pourquoi donc ?...

Mme de CERNAY.

Est-ce que vous allez vous lever encore bruyamment dans la loge pour crier bravo !... à certaine sylphide !...

OVIDE

Fœdora. .. (Apart.) Bon, je commence à réussir... Elle est jalouse (Haut.) Ah! vous m’en voulez encore à cause d’elle. . . D’honneur, c’est un caprice ruineux dont je cherche à me défaire... A chaque souper un peu gai, je me plains de ce qu’aucun de mes amis ne me l’enlève, ne me joue quelques tours de

roué. . . Mon ami Derville en serait bien capable... mais il n’est plus assez riche... Allons... vous viendrez, n’est-ce pas?. . . et •vous amènerez Mme Je Brêvannes... cela la distraira.

M rae DE CERNAY.

Oui ! pour l’exposer de nouveau à quelque imprudence. . . Je suis encore bien moins tranquille avec M. Campredon si vif, si impétueux quelquefois... L’autre jour, à l’Opéra, il s’est écrié en voyant votre sylphide : Eh ! c’est la même qui a été si chère à M. Léon Candal, à Marseille.

OVIDE

C’était une calomnie... elle n’a jamais été chère qu’à moi... mais elle me l’est diablement.

M® u DE CERNAY.

Amélie a pâli, tressailli à ce mot de Marseille, qui se rattache à tousses malheurs.

' OVIDE

A propos... Vous ne m’avez jamais dit quels étaient ces malheurs...

lime DE CERNAY.

Je suis déjà trop heureuse qu’on les ait oubliés, et j’ai eu trop de peine à entretenir depuis un an cette ignorance qui l’a sauvée, et qu’un accident a failli détruire ce matin.

OVIDE

L’esprit humain a de telles bizarreries...

»I® e DE CERNAY.

Qu’il y a des gens qui aiment mieux s’en passer ; n’est-ce pas, Ovide ?

OVIDE

Très-joli... très-joli... vous riez de tout, ma cousine.

urne de CERNAY.

Même de vous... pardonnez-le-moi... J’ai idée que la première fois que je m’attendrirai je ferai une bêtise.

un domestique, annonçant. ,

M. Campredon !

Mme DE CERNAY.

Ab ! enfin !...

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