ÉON
Tant de bonté!... Mais non, épargnezmoi cette généreuse et impuissante pitié... trop de malheurs ont à la fois brisé ma vie.
H»ie DE CERNAY.
Oh ! je comprends pourquoi vous nous enviez de vous être utiles... vous en voulez à Amélie... elle a repoussé peut-être votre amour avec trop de rigueur...
LÉON
Que dites-vous ?
AMÉLIE
Clara !...
M m8 DE CERNAT.
Mais enfin, quand même son nom, sa main eussent été libres, s’il y avait eu uu obstacle...
LÉON
Que dites-vous?... Parlez!... parlez de grüpe I ...
Oh ! pas un mot de plus, je t’en supplie..*
Nous parlons devant un homme d’bpenpur, et j;u me pardonneras de lui enlever le prétexte d'affliger par un semblable refus ton amitié poqr lui. [A Léon.) Oui, vqus pourriez piinir aussi cruellement une femme qui n’aurait opposé à votre dévouement qu’un cœur indifférent et que rien n’aurait fait battre... Mais, hier fencore, ne m’as-tu pas confirmé que tout ce que tu avais d’affection dans l’ânie était resté à un ami d’enfance?...
AMÉLIE
Je t’en supplie !...
M me DE CERNAT.
A un bon et loyal jeune homme que ta mère aimait, et dont on ne t’a séparée que par la force, pour te donner au marquis de Brévannes ?
LÉON
Il serait vrai !...
AMÉLIE
Clara!..,
Qui t’a suivie à Paris, et qui, il y a quelques jours encore, t’a servi de défenseur contre des masques qui t’insnltaieat...
LÉON
Amélie!... Amélie!... Ah ! pardonnez-moi, si j’ai pu me dire malheureux.
M me DE CERNAY.
Que fait-il ?... Mais il ne comprend pas, ce pauvre garçon.
AMÉLIE
C’est toi qui n’a pas compris... c’était lui que j’aimais, et tu le lui as révélé!...
M me DE CERNAY.
Ah bah !... j’étais bien sûre que la première fois que je m’attendrirais, je ferais une bêtise !
AMÉLIE
J’aurais pu te pardonner ton indiscrétion, si M. Candal était resté toujours digne d’un amour qu’il ne devait jamais connaître...
LÉON
O ciel!...
M me DE CERNAY.
Que veux-tu dire?...
AMÉLIE
En voyant ses malheurs, je n’avais même plus songé à une indigne cause... sa passion ruineuse pour une danseuse de Marseille... On me l’a redit encore il y a peu de temps...
LÉON
Et vous avez pu le croire !...
‘AMÉLIE
Alors, d’où vient cette ruine soudaine?...
LÉON
Cette ruine I... Ah! vous le saurez, madame... vous saurez tout, plutôt que de vous laisser un pareil soupçon... Rappelezvous donc quelles circonstances fatales, à Marseille...
AMÉLIE
A Marseille?...
M mc de cernay, passant. *
Arrêtez!... ( Elle l’arrête et lui parle bas.)
AMÉLIE
Air de la Folle, de Grisar. ,
Quel trouble je sens là !
Qu’est-ce donc que cela?
Ahl oui, je me souviens... C’est comme un rêve affreux.
Mes jours s’écoulaient tous, tristes et douloureux,
Une horrible nouvelle à mon cœur est venue,
Une douleur, hélas ! à moi-même inconnue,
Ma raison se voila d’un nuage odieux!...
Mon Dieu ! je cherche en vain, et ma tête bouillonne,
Quel était ce malheur I... je sens que je frissonne,
* A., M œ * de C., Lé.