‹ Lucienne dramevaudeville en deux actesChapitre 44 sur 57 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

les mêmes, CAMPREDON, LUCIENNE, entrant chacun de leur

côté. *

campredon, vivement.

Monsieur Candal... ici!...

LÉON

Campredon !

CAMPREDON

Monsieur Candal, aux genoux de M me de Brévannes !.

M mc DE CERNAY.

Eh bien ! qu’avez-vous à dire, vous?

CAMPREDON

J’ai à dire... j’ai à dire... morbleu!... que cet homme que j’appelais mon fléau...

AMÉLIE

Eh bien !...

CAMPREDON

Eh bien ! c’était... c’est.

• Achevez... achevez, monsieur, car, en parlant ainsi, vous avez regardé mon frère !

CAMPREDON

Son frère !...

Et tu ne sais pas, Léon, l’homme à qui il donnait ce nom flétrissant, est un homme qui a.., qui a... volé !...

* A., Lé., Lu., C., M m ' de C.

AMÉLIE

Que signifie?...

CAMPREDON

Mais je ne voulais pas dire...

Vous mentez, monsieur. .. vous mentez !...

LÉON

Tais-toi, Lucienne, tais-toi !...

Je n’entends rien à vos affaires , mais je suis sûre d’une chose, c’est que mon frère est bon, généreux, honnête. ( Prenant tour à tour les mains d'Amélie et de M me de Cernay.) Madame... madame... je vous l’assuro, je vous le promets, il n’y p que monsieur que j’avais cru bon...

CAMPREDON

Mais... mademoiselle.,.

Il n’y a que lui qui est dur, méchant, calomniateur... ,

LÉON

Ne l’accuse pas, Lucienne... c’est lui qui a tout réparé.

Lui?... Alors c’est donc pour lui, aussi... Monsieur, vous avez dû être appelé chez un notaire, ce matin même.

CAMPREDON

C’est vrai... le temps m’a manqué.

11 vous aurait donné, au nom de mon frère, trois mille francs amassés pièce à pièce par son travail ! Est-ce là un malhonnête homme? Il a travaillé le jour, il a travaillé la nuit... et moi à côté de lui quand il me le permettait... Il était si content quand il me disait : un premier à-compte, ma sœur!,.. Oh ! je payerai tout ou je mourrai jeune !

CAMPREDON

Ah ! qu’est-ce que j’ai fait !...

Ah ! vous avez cru l’accabler, parce qu’il est pauvre, sans protection... mais il a une sœur qui ne le laissera pas outrager !...

Assez, Lucienne... assez !...

LUCIENNE, rt Léon.

Et c’est lui pour que tu voulais te tuer à force de travail... lui que mon père nous vantai! tant...

CAMPREDON

Ah ! mon Dieu !... elle me connaissait déjà !

Lui, que je voulais tant voir, il y a un an!...

CAMPREDON

Bien!...

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