‹ Lucienne dramevaudeville en deux actesChapitre 48 sur 57 · ACTE II, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XII

CAMPREDON

Donne-moi ta sœur.

LÉON

Que dis-tu?...

CAMPREDON

Oh ! ce n’est pas pour réparer mes torts... ce n’est pas pour dire à ceux près de qui je t’ai accusé : Je le crois si honnête, que je lui demande d’être mon frère... Non, ce n’est pas pour tout cela; c’est parce que j’aime ta soeur.

LÉON

Mais elle ?...

CAMPREDON

Si tu me pardonnes, elle m’aimera.

léon, lui serrant la main.

Tu seras donc toujours là pour réparer mes malheurs!...

(A part.) Maintenant je puis partir.

Tu acceptes ?... Tu viens vivre avec nous...

LÉON

J’accepte pour Lucienne, parce qu’il est impossible qu’un cœur comme le tien ne la rende pas heureuse... Mais moi, je ne puis rester à Paris.

CAMPREDON

Pourquoi!...

LÉON

Mon départ est nécessaire, pour des raisons que tu sauras plus tard, que tu approuveras.

CAMPREDON

Soit !... je veux bien que ce départ ait lieu... quand je l’aurai approuvé...

léon, à part.

Une heure passée... (Il écrit sur un feuillet de son portefeuille.

— Haut.) Tu vas revoir ma sœur?...

CAMPREDON

Tu peux entrer toi-même.

LÉON

Non... Après ce qui s’est passé... (A part.) Epargnons-nous des adieux qui rendraient peut être ce départ impossible.

(Haut.) Promettez moi seulement de remettre à ma sœur, tantôt... mais pas avant ce soir, ce portefeuille.

CAMPREDON

Je te le promets.

Et tu me jures de tenir à Lucienne lieu do notre père, qui n’est plus, de son frère, qui sera parti?...

CAMPREDON

J’en signerais l’engagement, et tu sais si je fais honneur à ma signature.

LÉON

Me voilà rassuré, tranquille. Jules, laisse-moi t’embrasser.

CAWPREDPN.

Tiens... je mourais d’envie de te le demander..*

LÉON

Adieu!...

CAMPREDpN.

Tu me dis ce mot-là tristement... Nous nous reverrons.

LÉON

Je l’espère... Tu m’as promis de rendre ma sœur heureuse? (A part.) Adieu, Amélie !... (îl sort, en regardant du côté oit est entrée Amélie.)

CAMPREDON, Seul.

Il m’aurait attendri, si je n’étais pas si heureux... Ah bien oui! le laisser partir... Lucienne... Je dis Lucienne... Tout court.. Lucienne m’aimerait peut-être moins, si elle n’avait

S lus sqp frère... Oh ! je vais la voir, lui tout dire, lui (lemaner qu'elle m’accepte à son tour. [Il fait quelques pas et s'arrête.) Je n’oserai jamais... J'ai été si dur, si impitoyable 1 ... [ll se promène vivement duns le salon. Ovide est entré Jes bras croisés sur la poitrine, d'un air lugubre.)

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