SCÈNE XV
AMÉLIE, LUCIENNE, Mme DE CERNA Y.
Lucienne, à A/me de Cernay.
Merci, madame, de tous vos soins... où est mon frère?...
M me DE CERNAT.
Quand je suis rentrée ici, il était déjà parti.
Sorti sans m’avoir attendue.
M ,De I)E CERNAT.
Vous me faites souvenir... il a remis pour vous un portefeuille à M. Camprcdon.
Et ce portefeuille?...
M me DE CERNAT.
Le voici... il m’a dit de ne vous le remettre que tantôt.
Ah! donnez! donnez !... (Elle lit.) « Campredon t’aime » (Parlé.) Ah ! mon Dieu!... (Usant.) « Il est bon, généreux, et je lui <( dois plus que la vie (Parlé.) » Oh ! alors je lui pardonne aussi (Lisant.) «Il m’a demandé ta main, j’ai dit oui!... dis comme « moi » (Parlé.) Ah ! rnon Dieu ! mon Dieu !...
M me DE CERNAT.
Eh bien ?
Mais puisqu’il le veut, je veux bien.
M me DE CERNAT.
Voilà des nouvelles qui ne sont pas si mauvaises.
Lucienne, regardant le portefeuille.
11 y a encore quelque chose... (Lisant.) «Je puis, maintenant « que je te sais heureuse, ne plus songer qu’à hâter l’instant « ou j’aurai regagné mon indépendance. J’accepte une propo- « sition dont je t’avais parlé! .. (Parlé.) O ciel! (Usant rapidement) « Je pars.:, je serai déjà loin quand tu liras cet adieu ; aime tou u frère. (Elle jette un cri.)
Savez-vous où il va?... à la Guyanne. . . Il y mourra...
AMÉLIE
Grand Dieu?...
11 faut l’empécher de partir...
AMÉLIE
Oui !... allons?
Lucienne, s'arrêtant au milieu du théâtre.
v Oh !... mes forces... Je ne puis...
M me de cernât, elle sonne, un domestique parait.
Vite, courez.... •