‹ Lucile de ChateaubriandChapitre 11 sur 29 · XXXIII · texte numérisé non relu

XXXIII

Cour des Aides de Paris, demeurant à Malesherbes ;

« A. -M. -T. Lamoignon Malesherbes, âgée de 38 ans, native de Paris, veuve de Lepelletier Rosambo, à Malesherbes;

« A. -T. Lepelletier Rosambo, âgée de 2 3 ans, native de Paris, femme de Châteaubriant, à Malesherbes ;

a J.-B.-A. Châteaubriant, âgé de 34 ans, natif de Saint-Malo, ex-marquis, capitaine au régiment ci-devant Royal-Cavalerie, à Malesherbes.

Convaincus d'être auteurs ou complices des complots qui ont existé depuis 89 contre la liberté, la sûreté et la souveraineté du Peuple, par suite desquels le tyran, ses agens, complices et tous les ennemis du Peuple, ont tenté par l'abus d'autorité, par la corruption, par la guerre extérieure et intérieure, par les trahisons, les violences, les assassinats, les secours fournis en hommes et en argent aux en-

nemis du dehors et du dedans, par des correspondances criminelles et des intelligences entretenues avec eux, et par tous les moyens possibles, de dissoudre la représentation nationale, de rétablir le despotisme et tout autre pouvoir attentatoire à la souveraineté du peuple : « Ont été condamnés à la peine de mort. » Cela voulait dire que M. de Malesherbes, Mme la présidente de Rosambeau, sa fille, Mme la comtesse de Chateaubriand et le comte de Chateaubriand avaient été guillotinés le même jour, sur le même échafaud.

La vieille mère de Lucile, traînée à Paris, y était sous les verroux. Pendant ce temps René, retiré à Londres après le licenciement de l'armée de Condé, errait dans le parc de Kensington et là, sous un ciel mélancolique, esquissait les premiers crayons de son René, peintures d'âpre volupté et de tristesse amoureuse où sa sœur était mêlée, avec l'indiscrétion du génie, sous le nom d'Amélie.

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