I.A lU'IXK
Bien sur? lîe^arde-moi. Bien sur? Oh! je suis jalouse par instants ! Je me ligure, — quelle est la fenune qui n'a pas (le ces idées-là? — je .me figure quelquefois que lu me trompes. Je voudrais être invisible, et pouvoir le suivre, et toujours savoir ce que tu fais, ce que tu dis, où tu es. Il y a dans les contes des fées une bague qui rend invisiltle, je donnerais ma couronne pour cette bague-là. Je m'imagine sans cesse que tu vas voir les belles jeunes femmes qu'il y a dans la ville. Oh! il ne faudrait pas me tromper, vois-tu?
Mais otez-vous donc ces idées-là de l'esprit, madame. Moi vous tromper, madame, ma reine, ma bonne maîtresse! Mais il faudrait que je fusse le plus ingrat et le plus misérable des hommes pour cela! Mais je ne vous ai donné aucune raison de croire ([ue je fusse le plus ingrat et le plus misérable des hommes! Mais je t'aime, Marie! mais je l'adore! mais je ne pourrais seulement pas regarder une autre femme ! Je t'aime, te dis-je ! mais est-ce que tu ne vois pas cela dans mes yeux? Oh! mon Dieu, il y a un accent de vérité qui devrait jiersuader, pourtant. Voyons, regarde-moi bien, est-ce que j'ai l'air d'un homme qui te trahit? Quand un homme trahit une femme, cela se voit tout de suite. Les femmes ordinairement ne se trompent pas à cela. Et quel moment choisis-tu pour me dire des choses pareilles, Marie? le moment de ma vie où je l'aime peut-être le plus! C'est vrai, il me semble que je ne t'ai jamais tant aimée qu'aujourd'hui. Je ne parle pas ici à la reine. Pardieu, je me moque bien de la reine! Qu'est-ce qu'elle peut me faire, la reine? elle peut me faire couper la lète, qu'est-ce que cela? Toi, Marie, tu peux me briser le cœur. O n'est pas votre majesté que j'aime, c'est loi. C'est
JOURNÉE II. — I.A r.EINE. 17J
ta belle main blanche et douce que je l)aise et que j'adore, et non votre sceptre, madame!
Merci, mon Faltiano. Adieu. — Mou llieu. m\iord, que vous ("'tes jeune! les beaux cheveux noirs el la charmante tète que voilà! — Revenez dans une heure.
(]e que vous appelez une heure, vous, je rapjielie un siècle, moi! (il sort.;
Sitôt «lu'il f<l -Jorli. I:i ri'ino so lève prrcipilammpnt, v:i ;i une |iOili' nia-;qiiéL', l'ouvre et iiitioduit Simon Uenaril.