N(»]K II
IMiKMIÈKK .IOLU.NÉK, SCK.NE I l.cs liùdiur: îoiil loujuur; braiic et jiiiiiais cendre, cir.
Sous le règne si court de Marie, de 15.J.5 à I.')ô8, l'uicnl decapili's : le duc de Nortliumljerland. .lane Grey, reine dix-liuil jours, son mari, le duc de Suiï<dk. Thomas Gray, Thomas StalIVird. Slucklay, l'iradford. etc. ; furent pendus : Thomas Wyat cl cini|uante de ses complices. Bret et ses complices. \Villiani Fetlierslon, se disant Edouard M. Anthony Kingston cl ses complices (pour pilleries), tiharles, haron de Sturton (avec une corde de soie), cl <|uatre de .ses valets avec lui (accusés d'assassinat;, etc.; fment inùlés vifs :.les évèqucs John Cooper, de Glocester, Robert Feirare, de Saint-David, Ridiay, Latimer (Cranmer assiste à leur supplice de sa prison , Cramner. archevêque de (^antorbéry. qui brûla d'abord sa main droite rent-gate, les docteurs Roland. Tailor. I.aurens Sanders, .lohn Rogers, prébendier théologal et prédicateur ordinaire di' Saint-Paul de Londres (celui-ci laissait tuie femme cl dix enfaiils), .lohn Itradlni-d, en l.")r)0 qnalre-\in;:(-<pialre sec-
•J5(» MARIE Tl DUR.
liiiifN, l'Ic. rl( . Dr lii ce siiiiiinii iii(.'si|iR' i.'iiiii(lii>so ii IVuri' il'liuil'fUr. Midir lit Suniildulr.
MïiK m
rJiK.MlÈllK .KtL'K.NhK. SCr.NK II
(tii |ii'iMl;iil ciMix (jui ('t;iii'iit |h)iii-, m:ii> mi lunlail tru\ f|m rl;Mcri( cmIiIic.
Siisj)fii(litiiliir jjiipislic. roinbiiniiiliir niiHjjOjii.sliC.
MUE iV DELMKMK JdLUNÉE, SCK.NE VII
Ikilii'ij. n-l;i MMit ilirc lourlte: iKipulitaiii. i-chi vriil iliic làiiir. clc.
Si (rhoiiorajjles susceplibilités nationales n'avaient été évcilléts |i;ii ce passage, l'auteui" croirait inutile de faire reman{iier ici (|iie ( 'c^l la n-iiie qui parle, et non le poète. Injure de femme en (iiièie. el non opinion d'écrivain. L'auteur n'est pas de ceux ipii jellenl l'anallièuTe sur une nation prise en masse, et d'ailleurs sev svmpatliies de jwète, de philosophe el d'historien, l'ont de tout temps fait pencher vers cette Italie si illustre et si malheureuse. Il s'est (oujours plu à prédire dans sa pensée un grand avenir à ce nohle groupe de nations qui a eu un si grand passé. Avant |)eu. espéioiis-Ie. l'Italie recommencera à rayonner. L'Italie esl une terre de grandes choses, de grandes idées, de grands honnnes, iiuKina parciifi. L'Italie a Rome, qui a eu le monde. L'Italie a hante, Kapliaël et Miciiel-Ange. et partage avec nous Napoléon.
MITE V DKlMLMi; JOLK.NtE, SCK.NK VU
Il \ ;i l'M le rompliil de TlM>m:i< Wyîil. r-lç.
\\rc ^1'^ i|ll:illi' lilillr li'Milli's. \\\;il lil Un lilciniriil cilinirelri- Miirie. ap|Mi\ée mii LoiMlrr-. Il lui ilrr;iii. y\'\-. i\ pcinlii, |hiur a\nir perdu du leinps à ra( ((iiiiiihkIci iiii all'ùl de caiinn.
Tviî v\ in: r\iM)i i:
fl.iiis l'c'lnl (lù sont niijdiird'lmi loiilos ces questions InnliHKlcs (|iii Idiicliciil ;iii\ niciiics niomos de la -ncit'-li''. il scMihIail depuis loniitfnijts à rniilt'iii- de ce di;niir i|iril |i()iiri-;iil y iivdir iilililc- et urandciir ù dt'vcl(i|ijK'i' sur If ihi'i'ilrr i|ii(li|iii' cIkoc de pan-il à I idi'c
i|llr Vdici.
Mettre en pn-sence. dans une aetion tunte residtanle du ed'ur. deux graves et douloureuses ligures, la l'ennue dans la soci(''lé, la Irininc lioi-> de la soci(''t('' ; e"esl-à-dire, en deux types vivants, toutes les reniiues. toute la feuune. Montrer ces deux l'einnies, (pii résument tout en elles, généreuses souvent, niallieureuses toujoiu's. llidendre l'une contre le despotisme. 1 autie conti-e le luépris. Enseigner à quelles épreuves ri'sisle la vertu de 1 une. à ([uelles laiines se lave la souillme de l'autre, llendre la faute à qui est la i'aute. c'est-àdire à I lioimue. ipii l'^t l'nrl. el au fait social, (pii est alisurde. Faire vaincre dans ces deux âmes choisies les ressentiments de la femme par la ])iété de la fille, l'amour d'un amant par l'amour d'une mère, la haine pai- le dévouement, la passion par le devoir, l'.n regard de ces lieux femmi's ainsi faites poser deux liounues. le mai'i et I amant, le souverain et le proseril. et ré>u-
2r.i ANGELO.
mer on eux par mille développements secondaires tontes l(»s relations réjinlièi'cs et irrégnlières que I homme peni avoir ave<' la l'emme dune part, et la soriété de l'antre. Et puis, au bas de ee groupe cpii jouit, qui possède et qui soufïre, tantôt sondore, tantùl ravonnant, ne pas oublier lenvicnx, ce témoin fatal, (pii est toujours là. que la providence aj)oste au bas de toutes les sociétés, de toutes les hiérarchies, de toutes les prospérités, de Imites les passions humaines; éternel ennemi de tout ce qui est en haut ; changeant de l'orme selon le temps et le lieu; mais au fond toujours le même; espion à Venise, eunnipu- à (^.onstanlinople, pamphlétaire à Paris. Placer donc comme la providence le place, dans l'ombre, grinçant des dents à tous les sourires, ce misérable intelligent et perdu (pii ne peut que nuire, car toutes les portes que son amour trouve fermées, sa vengeance les trouve ouvertes. Enfin, au-dessus de ces trois hommes, entre ces deux femmes, poser comme un lien, comme un symljole. comme un intercesseni-, comme un conseiller, le dieu mort sur la croix. ('Jouer toute cette souffrance humaine au revers du ciucifix.
Puis, de tout ceci ainsi posé, faire un drame; pas lout à fait royal, de peur que la possibilité de Eapplication ne disparût dans la grandeur des proportions ; pas lout à fait l)ourgeois, de peur que la petitesse des j)ersonnages ne nuisît à Tamplenr de Eidée; mais princier et domestique; piinciei-, parce qu'il faut, que le drame soit grand ; domestique, parce qu'il faut que le
PREFACE. 2r)r)
dranio soil vrai. Mrlor dans co((o œiivro, jioiir salislaire ce besoin de l'esprit qui veut toujours sentir le passé dans le présent et le présent dans le passé,. à l'élément éternel l'élémenl luuuain, à Téléiuent social un élénienl hisloiiquc Peindre, chciuin l'aisanl. à l'occasion de cette idée, non seulement l'homme cl la lemme, non seulement ces deux femmes et ces trois hommes, mais toul un siècle, tout un climat, toute une civilisation, (ont un |>euple. Dresser sur celle pensée, d'a})rès les données spéciales de Ihisloire, une aventure tellement simple et vraie, si hien vivante, si bien palpitante, si hien réelle, qu'aux yeux de la l'ouïe elle pût eaclier l'idée elle-même comme la chair cache Vn<.
Voilà ce que l'auteur de ce drame a tenté de faire. Il n'a qu'un regret, c est que cett(> j)ensée ne soit pas venue à un meilleiu' (pie lui.
Aujourd'hui, en présence d'un succès dû ('vitleniment à cette pensée et qui a dépassé toutes ses esp(''rances, il sent le besoin d'ex|)liquer son idée entièic à celte foule syiiqiathi(|ue et éclairée qui s'amoncelle chacpie soir devant son o'uvre avec une curiosité pleine de responsabilité pour lui.
()n ne saurait ti'op le redire, poui- quicon(|ue a médité sur les besoins de la société, auxquels doiveni toujours correspondre les tentatives de l'art, aujourd'hui plus que jamais le théâtre est un lieu d'enseignement. Le drame, comme l'auteui- de cet ouvrage le voiulrait faire, et connue le pourrait faii-e un homme
•2r,G AMIEI.O.
de génie, iloif clnniier à la loule une philosophie, aux idées une loruude, à la poésie des muscles, du sang et de la vie. à eeux (pii pensent une explication désintéressée, aux àincs altén'cs ini breuvage, aux plaies scci-rics un lianiiir. ;'i cli.u un nii (-(tuseil. à tous une l.>i.
Il va sans dire que les conditions de Tart doivent rln- d abord et en tout remplies. La curiosité, lintérét. I aiiuisement. le rire, les larmes, lobservation perpt'lucllc (le Itiul ce i|ui est nature, lenveloppe merveilleuse du style, le drame doit avoir tout cela, sans (pu»! il ne serait ])as le drame: mais, pour être complet, il luut (piil ait aussi la vuldiiti' d'enseigner, en même leiu|>S([n il a l;i vojoiili' de plaire. Laissez-vous charmei' par le drame, mais (pie la leçon soit dedans, et qu'(ui jiuisse toujours 1 y retrouver rpiand on voudra disséquer cette belle chose vivante, si ravissante, si poétique, si passionnée, si magnilicpiement vêtue dor, de soie et de velouis. Dans le plus beau drame, il doit toujours V avoir ime idt'-e sévère, couiine dans la plus belle l'emme il y a lui scpielette.
L auteur ne se dissimule, connue on voit, aucun des devoirs austères du poète dramatique. Il essayera peulèlre (]uelque jour, dans un ouvrage spécial, dexpliqiier en (l('-tail ce qu il a voulu l'aire dans chacun des diveis drames (pi'il a donnés depuis se])t ans. En ])résence d une tâche aussi iuunense que celle du théâtre au dixneuvième siècle, il sent son insuffisance profonde, mais il n en peisévérera pas moins dans l^euvre t[ii il
a commencéo. Si peu do chose qu'il soit, comment reculerait- il, encouragé qu'il est par l'adhésion des esprits d'élite, par l'applaudissement de la foule, par la loyale sympathie de tout ce qu'il y a aujourd'hui dans la critique d'hommes éminents et écoutés? Il continuera donc fermement; et, chaque fois qu'il croira nécessaire de faire bien voir à tous, dans ses moindres détails, une idée utile, une idée sociale, une idée liumaine, il posera le théâtre dessus comme un verre grossissant.
Au siècle où nous vivons, l'horizon de l'art est bien élargi. Autrefois le poëte disait : le public; aujourd'hui le poëte dit : le peuple.
7 mai 1833.