SCÈNE II HOMOHEI. ORDELAFO, REGIXELLA
ORDEI.VFO
Je lai bàillonm'c pour plus de précaution.
)IOMOriKf, 'liant 1p bnillmi.
Tu as liieii fait.
REGINEI.LA, eiïaréf.
0 ciel, niesseii^neur.* !
Allons, pas de frayeur. Cela m ennuie. Calme-toi et réponds. Puisque tu me connais, tu ne peux pas avoir peur. Tu sais bien, je t'ai déjà parlé hier. C'est moi. Je ne t'ai pas fait de mal, ainsi! — Tu t'appelles Reginella. C'est toi qui conduisais le seigneur Rodolfo aux rendez-vous que lui donnait madame Catarina dans le vieux palais Magarufli. Ce matin, il y a une iieure, le llodolfo ta rencontrée près du pont Altina, pas loin d'ici. Il t'a remis une lettre pour ta maîtresse.
REGIXELLA
Monseigneur...
HOMODEI
Donne-moi cette lettre.
REGINEI.I.A
La voici.
HOMODEI C'est bien, fil décacliPltola letlro.)
REGINEIXV
Vous brisez le cachet, monseigneur.
ANGEI.O.
.le no sais pas pourquoi tu m'appelles monseigneur, .le suis un espion. C'est de la peur bète, qui ne me flatte pas. Il lit la letiipi Cela sufflt. Il n"a pas sii:né. C'est dommage. Il faudra trouver un niovrii de faire savoir le nom au pode>ta.
liiiiil (l'une clef ilaiii- la serrure. Eiilrn un lionimc vi'lii iIp firi-i. CIipvpuï gri--. grosses mains, face lerreu'p. Tout l'Iiomine couleur de cendre.
llMMnDFl
Ou<'l est cet homme?
ORDKI,\FO
C'est un des deux dogues dont je l'ai parlé. Celui-ci répond au nom d'Orfeo. L'autre ne va pas tarder à rentrer. Comme cela veille la nuit, cela dort le jour.
L'homme s'approche d'Homodei et le regarde d'un air farouche.
— Fais-toi reconnaître de lui.
IlomiMlei eiilr'ouvre sa robe. A la vue des trois lettre^. Thonirae porte la main à son bonnet.
ORDF.r.AFO, à l'homme.
Va coucher î
L'homme se relire dan- un coin sans dire une parole. IKiMOIiKI
V îi-l-il une autre sortie à cette maison?
OrUlFLAFO
Oui. par là. Cela donne sur la rue de Scalona.
HOMODEI
Sors par là avec celte fille, et promène-la toute la journée.
Sortent Ordelafo et Reginella par la porte indiquée. L'homme est toujours au fond dans l'ombre, assis près d'un panier qu'il tresse.
A part,! Voici déjà un grand pas de fait. Cette lettre! Mais comment la faire parvenir au .Malipieri? comment lui faire savoir le nom de Rodolfo? En attendani, il ne faut pas
JOURNEE m. — LE DLANC POUR LE NOIR. :.17
;^ar(.lcr cL'ltc k-tlre sur moi. Où pourrais-jc la déposer sùrenicnl? (A]i(Tccv:iiit une t;ibie ù tiroir.) Ce liroir femie-t-il? Oui.
liieil. (Il met la lettre ilaiis le tiroir et en jirenil la clel'.i Orfeo ! iL'Iioniiiic
se lève et s'approche.) Ne t'appclles-lu pas OrlV'O? Je vais sorlir. Veillez bien la nuit proehaine, Ion compagnon et toi. 11 serait |)ossiljle qu'on vous apportât (pielquun à l'aire dis{)araîlre. Une femme.
OIU-KO La Itreilla est là. ill retourne au loud (lu lliéalre.i
IIOMOI)i;i, >e ra;.!.eyanl.
Oli ! ne pouvoir écrire au j)odesta, ni lui parler, ((uillc i;ène! (lomnie cela simplifierait la chose! iil appuie soueouile sur
la laljle et la tète sur sa inaiii, connue un lionniie qui |iense profondément.) A ce niomenl, ou voit paralli'e le visage île l'ioiloiro à la eroi-ée ilu Inuil.
ItOItOl.FO, tlu (lelior-. rejjaidant dans la masure.
Il me semble que voilà un liommc qui ressemble... (Il entrouvre un peu plus le volet.) Je ue me trompe pas. C est lui. C'est ce misérable Homodei! Ah! il est là! iilreierme le volet et
disparaît.)
HOMODEI, se levant.
Albiiis, il faut trouver un moyen de [)ré\('iiir le [xidesla, — Ali! la clef du tiroir. L'ai-je? Oui. Bien, ai sort par lu porte du
Iniid (|ui se l'eferme sur lui.i
Bruit de voix au dehors.
l'IlKMlÈIiK VOIX
Défends-toi, misérable!
DIÎlXliiME VOIX
Qu'est-ce que c'est? monsieur!
l'UEMliau: voi\
Défends-loi, te di.^-jc!
.■il 8 ANGELO.
ItKLXIÈME VOIX
Monsieur Uodolfo ! . . .
PUEMItRE VOIX
Défends-toi donc, infâme 1 ou je te tue comme un chien!
On entend un clioc dépccs.
OUFEO, qui est resié seul dans la masure, levant un peu la léte.
Il me paraît qu'on lue quelqu'un par là. illscrcmeià trc^-oi
son panier.
DEl\li;ME VOIX
Ahl...
l'REMIÈHE VOIX
Homodei ! tu me dois ta vie, paie-la moi !