‹ Lucrèce BorgiaChapitre 54 sur 227 · D0.\ APOSTOLO · texte numérisé non relu

D0.\ APOSTOLO

L'autre jour c'titait à Venise, chez le sëre'nissime doge Barbarigo; aujourd'hui, c'est à Ferrare, chez la divine princesse Negroni.

L'autre jour c'était une histoire lugubre ; aujourd'hui c'est une histoire gaie.

MAIFIO

Une histoire gaie, Jeppo ! Comment il advint que don Siliceo, beau cavaher de trente ans, qui avait perdu son patrimoine au jeu, e'pousa la très riche manjuise Calpurnia, (jui comptait quarante-huit printemps. Par le corps de liacchus ! vous trouvez cela gai !

GUBETTA

C'est triste et commun. Un homme ruine qui épouse une femme en ruine. Chose qui se voit tous les jours.

Il se mot à manger. De temps en temps, quelques-uns se lèvent do t;ilili' et viennent causer sur le devant de la scène pendant que l'orgie conlinui'.

L\ I'R1.\CKSSE MÎGRO.M, à Maflio, montrant (ieiuiaro.

Monsieur le comte Orsini, vous avez là im ami qui me paraît bien triste.

Il est toujours ainsi, madame. Il faut que vous me pardonniez de l'avoir amené sans que vous lui eussiez fait la grâce de l'inviter. C'est mon frère d'armes. Il m'a sauvé la vie à l'assaut de Rimini. J'ai reçu à l'attaque du pont de Vicence un coup d'épce qui lui était destiné. Nous ne nous séparons jamais. Nous vivons ensemble. Un bohémien nous a prédit que nous mourrions le même jour.

I,\ MvGUOM, riant.

Vous a-t-il dit si ce serait le soir ou le matin 7

MAlilU

Il nous a dit que ce serait le matin.

L\ NEGROM, riant plus fort.

Votre bohémien ne savait ce qu'il disait. — Et vous aimez bien ce jeune homme ?

Page 1