ACTE III. — IVRES MORTS
OLOFEP.-XO
Uni, je voudrais cire poëte. Je voudrais pouvoir niolcvcr au liol. Jl' voudrais avoir deux ailes...
GIBETT.V
De faisan dans mon assiette.
olofer.no
Je vais pourtant vous dire mon sonnet.
GlBETl.V
Par le dialde, monsieur le marquis Ololrmo Vildlozzo! je vous dispense de nous dire votre sonnet. Laissez-nous l>oire !
OLOFER-NO
Vous me dispensez de vous dire mon soimet ?
GIBETT.V
Connue je dispense les chiens de me mordre, le pa[)e de me bénir, et les passants de me jeter des pierres.
OLOFERNO
Tète-dieu ! vous m'insultez, je crois, monsieur le petit espagnol !
GIBETT.V
Je ne vous insulte pas, grand colosse d'italien (jue vous êtes. Je refuse mon attention à votre sonnet. Uien de plus. Mon gosier a plus soif de vin de Chypre que mes oreilles de poésie.
OLOFERNO
Vos oreilles, monsieur le castillan râpé, je vous les clouerai sur les talons !
GIBETTA
Vous êtes un absurde bélître 1 Fi 1 A-t-on jamais vu lour-
diuid pareil ? s'enivrer de viii de Syracuse, et avoir l'air de s'èlre soùlé avec de la bière !
OLOFER.NO
SavL'z-vou;- bien que je vous couperai eu quatre, par la niorl-dieu 1
GIBETTA, tout en déi-oiipaut un l'aisan.
Je ne vous en dirai pas autant. Je ne découpe pas d'aussi grosses volailles que vous. — Mesdames, vous olîrirai-je de ce faisan ?
0L0FER>0, se jetant sur un couteau.
Pardieu 1 j'éventrerai ce faquin, ïùt-il plus gentilliomme que l'empereur !
LES FEMMES, se levant de table.
Ciel 1 ils vont se battre 1
LES UOMMES
Tout beau, Oloferno !
Ils désai'nienl Oloferno qiiî veut se jeter sur Guhclta. Pendant ce tenijis-là, les femmes disparaisseut par la porte latérale.
ni.OFEK.NO, se débattant.
Corps-dieu !
GUBETTA
Vous rimez si richement en Dieu, mon cher poëte, que vous avez mis ces dames en fuite Vous êtes un lier maladroit.
JEPPO
C'est vrai. cela. Oue diable sont-elles devenues?
MAFFIO
Elles ont eu peur. Couteau qui luit, femme qui fuit.
ASCAMO
Bah ! elles vont revenir.