ACTE III. — IVRES MORTS
MAFFIO
Ou"('sl-ce que cela veut dire?
JEPPO, s'efTorçant de rire.
C'est une plaisanterie. Je gage mon cheval contre un pourceau, et mon nom de Liveretto contre le nom de Borgia. que ce sont nos charmantes comtesses qui se sont déguisées de cette façon pour nous éprouver, et que si nous levons une de ces cagoules au hasard, nous trouverons dessous la figure fraîche et malicieuse d'une jolie femme. — Voyez plutôt.
Il va soulever en riant un des caimclions. et il reste pétrifié en vovant dessous le visa^'e livide d'un moine qui demeure immobile, la torcïie à la main et les yeux baissés. II laisse toiuber le capuchon et recule.
— Ceci commence à devenir étrange !
MAFFIO
Je ne sais pourquoi mon sang se fige dans mes veines.
LES PÉMTE.MS, chantant d'une voix éclatante.
Conquassabit capita in ferra multorum !
JEPPO
Quel piège affreux ! Nos épées ! nos épées ! Ah çà ! messieurs, nous sommes chez le démon ici.