‹ LucrèceChapitre 21 sur 98 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

TULLIE

Ils sont partis; Et je rappelle en vain mes sens anéantis. J'entends encor Sextiis, et j'entends encor Brute. E'im me foule à ses pieds, lui qui causa ma chute; Lui, qui de ma ruine est le premier auteur, C'est lui qui le premier est mon accusateur. L'autre... Prodige alîreux gonflé de noirs présages! Pour dicter mon arrêt, les fous deviennent sages. Qu'il m'a paru grandi, quand sur mon front courbé Grave comme la loi, son langage est toml)é! Oli! non, ce n'était plus la voix de la démence: C'était l'écho profond de quelque oracle immense, De Junon qui préside à la foi du serment, Et ne la souffre pas enfreinte impunément. On dit que , quand les dieux sous la forme vivante Veulent aux cœurs mortels souffler une épouvante, Ils empruntent les traits des enfants et des fous. Afin que la terrem' soit plus grande pour nous. Ce fut ainsi. J'en crois cette horreur surhumaine. Qui, jusque dans ma gorge, a glacé mon haleine. Le ciel même a parlé, le ciel qui veut ma mort, Pour se justifier de son courroux qui dort. Je lui dois o])éir.

38 ACTi: il.

SCKNE VI.

TULLIi:, U>E ESCLAVE.

i/esclave.

La salle est j)iv|)aire, Madame, et de l"euillai;e et de roses parée. Les mets sont sur la tahle, avee riiriie au\ >iiis doux, Et tous vos eomiés ifat tendent plus que \ous.

TULLIE

n suffit. Allons donc porter dans cette joie Le mensonge d'un cœur à l'amertume en proie.

( l.lles sorlenl. )

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