‹ Lucrece tragedie en cinq actes et en versChapitre 17 sur 62 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Rome, à qui je médite nne fameuse époque,

Rome, à qui je promets, si j’arrive au pouvoir,

Des grandeurs que tes rois n’oseraient concevoir ; Quand il sera besoin, à tes destins prospères J’offrirai tout le sang que je tiens de mes pères. J'offre ma patience en attendant. Reçois Cette libation des affronts que je bois.

D’ailleurs je suis plus fort contre le vieil outrage. Aux pleurs de la pitié j’ai trempé mon courage; Cette source, nouvelle à mon front étonné,

A lavé sa souillure et l’a rasséréné.

Je m’apprivoise au lit de fange, où je me vautre.

Je ne vois mes affronts que comme ceux d’un autre, Et j’ai besoin tantôt, non pas de me dompter,

Mais de me battre exprès les flancs pour m’irriter. Oh! qu’un mot bienveillant apaise de colère Au cœur d’un malheureux !

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