‹ Lucrece tragedie en cinq actes et en versChapitre 2 sur 62 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

LUCRÈCE, LA NOURRICE, esclaves.

LUCRECE, è une de ses esclaves.

Lève-toi, Laodice, et va puiser dans l’urne L’huile qui doit brûler dans la lampe nocturne.

Les heures du repos viendront un peu plus tard :

La nuit n’a pas encor fourni son premier quart,

Et je veux achever de filer cette laine,

Avant d’éteindre enfin la lampe deux fois pleine.

(Laodice se lève, et va chercher de l’huile qu’elle verse dans la lampe.)

LUCRÈCE

LA NOURRICE

Lucrèce, écoutez-moi ; car vous n’oubliez pas Que je vous ai longtemps portée entre mes bras Votre mère mourut quand vous veniez de naître ;

Je vous donnai mon lait sur l’ordre de mon maître;

Je ne vous quittai plus; je bénis le destin Lorsqu’il vous fit entrer au lit de Collatin.

C’est pourquoi laissez-moi parler. Que vos esclaves Filent pour votre époux les robes laticlaves :

Je les ferai veiller jusqu’au chant de l’oiseau De qui la voix sacrée annonce un jour nouveau.

Mais vous, ma chère enfant, suspendez votre tâche : Vous la reprendrez mieux après quelque relâche. Faut-il donc que vos yeux s’usent, toujours baissés,

A suivre dans vos doigts le fil que vous tressez? Pourquoi vous imposer tant de pénibles veilles? Cherchez à vous distraire, imitez vos pareilles ;

Et que, de temps en temps, des danses, des ccncerts, Ramènent la gaîté dans vos foyers déserts.

LUCRÈCE

Quand mon mari combat en bon soldat de Rome,

Je dois agir en femme ainsi qu’il fait en homme. Nourrice, nous avons tous les deux notre emploi : Lui, les armes en main, doit défendre son roi ;

• Il doit montrer l’exemple aux soldats qu’il commande Mon devoir est égal, si ma tâche est moins grande, : Moi, je commande ici, comme il commande au camp, Et ma vertu doit être au niveau de mon rang.

I,a vertu qui convient aux mères de famille,

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