Lueurs d'aurore [microforme]
i, à l'instar des peuples heureux, M. Amédée Denault n’a point d'histoire, sa précoce porsonnalité n’a pas moins légitimement droit à l’hon. beur de figurer au livre d'or des poètes, par sa qualité de auréat de l'Académie Littéraire et Musicale de France le même que son titre de directeur du Honde Illustré, le Montréal, lui donne pleine entrée dans notre galerie de célébrités contemporaines. Et pourtant notre brillant ollègue canadien compte 23 ans à peine.
Quoi ! si jeune, s’écriera-t-on, et déjà à la tête d’une D
publication remarquable, dont s’enorgueillirait plus d’un LR
étéran autorisé de l’armée littéraire ? Eu
Mon Dieu oui, enthousiastes lecteurs et subjuguées Ar à
€; lectrices, Amédée Denault, dont la plume de panégyriste |
sait auréoler d’un chàrme magique les sujets les moins da
intéressants, est né seulement en 1870, le 14 septembre, : Fe
à Saint-Timothée (diocèse de Montréal, alors, de Val- LS
leyfield depuis l’an dernier), dans le éomté de Beauharnois. \
— Disons en passant que M. fsb l'honorable frère utérin de notre biographié, est le député au parlement E fédéral du Canada pour le comté de Beauharnoïs.—
j L’admirable site du village natal de notre. poète-lau- # réat a développé dans son âme le sens littéraire. Situé dans la province de Québec, sur la rive sud du Saintat à fait Laurent, en plein pays français, le séduisant lieu de sa
naissance peut certes bien avoir aidé au développement poétique d'Amédée Denault, tant les premières impres-
ieilli ;
OMMI
iques,
lu fort,
sions et les objets extérieurs dont sont frappés les regart de l’enfance ont d’influenee et de retentissement sur | vie toute entière. | Après avoir reçu l’instruction élémentaire des Clerc de Sairt-Viateur — dont la maison mère est à Vourles en France — notre studieux élève entra au petit sémi naire de Montréal, une des premières institutions de soi pays, et y suivit, sous la direction des prêtres de Saint} Sulpice, le cours complet des études classiques. Au petit Séminaire, en cuchette des professeurs, bier entendu, en cinquième, dès l’âge de 12 ans, le jeune poèt en herbe esquissait des vers. A 15 ans, en classe de troi sième, il osa même affronter les feux de la rampe. 14 Semaine Religieuse de Montréal, et l Etudiant, journal de la jeunesse collégienne, publièrent alors ses premier essais.
Un an plus tard, le jeune champion des Muses, rem portait un premier prix, dans un concours littéraire de l'Etudiant, ouvert à toute la jeunesse des collèges, sous la rubrique : ‘ Horace et ses œuvres.” Presqu’en même temps le hardi joûteur arrivait bon premier de son petit séminaire dans les concours du bac-kk calauréat de rhétorique et obtenait un prix fort estimé :} la médaille du gouverneur général du Canada, lord Stanley de Preston, aujourd’hui comte Derby.
De ce jour, la passion d'écrire s’empara d’ Amédée Denault., Admirateur de Louis Veuillot, c'étaient lesk
E natione rédige (
Pour
A . » 1 , La \ 4 ) luttes âpres mais empoignantes du journalisme qui l’at.k que no! tiraient surtout. bide: R en Lu 1 grégati rs ” pièces, pros et pou publiées depuis ors. qu’elles (1887), n'étaient, dans la pensée de notre infatigable S
confrère, qu'un préparation plus ou moins éloignée à ce £
NOTICE BIOGRAPHIQUE AR s
étier de la plume dont il rêv.it. On en retrouverait à très grande partie en feuilletant les séries de la Re- Que Canadienne, l'Etudiant, Le Progrès de Valleyfield, e Couvent, Le Spectateur, La Famille, Le Glaneur, de évis, Le Réveil Littéraire, de Mont'éal, La Minerve, ’Ecrin Littéraire, Y Echo des Jeunes ; mais surtout Le Monde Illustré, qui eat toujours ses préférences. Aussi, en abandonnant, après un an, la sous-rédaction Die la Minerve, Amédée Denault entra aussitôt comme
-irecteur au Monde Luustré. Dans l’intrrvalle, il a col-
Maboré incidemment à la Presse et à l'Etendard, deux Mjournaux quotidiens.
D A part sx participation à la rédaction des divers journaux et revues sus-mentionnés, notre intrépide col- Miègue fonda Le Glaneur de Montréal, bi-mensuel, et l’Ecrin Littéraire, hebdomadaire, dont il fut le directeurfondateur, dans le but bien arrêté d’en faire les organes Bispéciaux de la jeunesse canadienne-française amante des belles-lettres, amie du Beau et du Bon.
Après l’insuccès, si facile à comprendre et si commun, hélas ! vu l'enfance de la littérature et les besoins plus positifs d’un jeune pays en formation, c’est encore la même louable et forte pensée qui vient de présider à la naissance, par les soins d’Amédée Denault, d’un nouvel organe de la jeunesse et de la défense catholique nationale : La Croix de Montréal, bi-hebdomadaire, qu'il
rédige en chef.
Pour expliquer le titre de ce dernier journal, disons
à que notre cher collègue fut président de diverses con. i grégations religieuses de jeunes gens laïques, telles qu’elles existent dans la plupart des paroisses, collèges et séminaires canadiens : congrégations de la sainte Vierge,
Ligueurs et Gardes d'honneur du SacréCœur, ete Actuellemént encore notre distingué biographié préside la congrégation des Jeunes Gens de Notre-Dame de Montréal, sous le vocable de Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Par l’énumération des divers titres et des multiples qualités qu'ils viennent de lire, nos judicieux lecteurs
euvent se convaincre de l’inutilité de ce puissant élé-
ment attribué à l’âge en matière de réputation. La vie si courte et si bien remplie d'Amédée Denault le proûve surabondamment. Nous l’en félicitions de tout notre cœur.
En France, notre sympatique collègur canadien a cor- & respondu à la Revue des Deux Frances, de Léon de la à;
Morinerie, à la Revue Artistique et Littéraire de Miss Ehrtone et au PBiographe, organe de notre Académie
“dont il est un des sociétaires parmi les plus estimés et
les plus dévoués. Tout récemment, Amédée Denault vient d’être sell cité par M. le marquis de Barral-Montferrat et l’entre-
prenant directeur, plein de zèle, a immédiatement com-
mencé d'agir comme courriériste trimestriel du Monde Latin et Monde Slave pour la Nouvelle France. Pour ajouter un noble sentiment de plus à la sympa-
thie qu’inspire ce jeune collègue canadien, au cœur et à l'esprit français, on n’a qu’à lire, plus loin, un fragment de ses beaux vers couronnés au XX VIle Grand Concours de l’Académie Littéraire et Musicale de France (1), vers d’un croyant qui valurent à l’heureux lauréat les chaleureux applaudissements du Comité.
Marie-Edouard LENOIR Présidente de l'Académie Littéraire, Musicale et Biographique de France.
(1) Orois EN Dieu.
ouvenir Ju jour buscule dun luth de l'âge à ne épée Or, j à livre irer, peu ritique, outes les gui sont :
poétique, Bi 1392.
Ainsi, pence syn audaces e la cri des circo UEURS
LV ANT -PROPOS Lectruces et Lecteurs arris,
Vous me permettrez, j'ose croire, d ajouter une page more à ce livre, trop lourd déjà, sans doute, et que vous onsentez, pourtant à feuilleter.
Nul plus que moine, se rend compte qu'un volume omime celutcl, que je me permets de présenter sous
on no”,au dieu d'assurer une réputation littéraire isque fort de la comprrmettre, au contrairé.
Voilà pourquoi je pui: déclarer,en toute vérité, qu'en e publiant, je n'éprouve pas la moindre aspiration pers des gloires éthérées de l'art; pas même ces velléités dc gloriole qui m'animaient encore, naïf adolescent,
Morsque je lournais, jadis, quelqu'une de ces “ simples
pimes.” Non, tout bonnement, ai je voulu — modeste et pieux ouvenir offert aux miens, lointains reflets de l'aube lu jour pour enchanter plus tard les langueurs du crébuscule — collectionner ces essais, fa bles vagissements un luth d'enfant, d'un luth qu'avx premières virilités le l'âge d'homme, j: me suis empressé de troquer pour ne épée de combat.
Or, j'ai si peu visé aux succès de l'art qu'au lieu de livrer à une sélection méticuleuse, d'où j'eusse pu trer, peut être, une plaquette de vers présentables à la ritique, j'ai consigné loyalement dans cet ‘ Album” outes les pièces bonnes, moins bonnes et plus mauvaises, qui sont nées de :e qu'on voulait bien nommer ma “verve boétique,” durant le lustre où elle a existé, entre 1886
Pi 13892.
Ainsi, je sollicite la faveur de recommander à l'indulvence sympathique qui, partout et toujours, sourit aux audaces de la jeunesse. plutôt qu'à la légitime exigence de la critique, ces très humbles pages, jetées par la force des circonstances, au vent de la publicité, ces pâles
UEURS D'AURORE Joseph-Marie Amédée DENAULT, L.L.B.
Publiciste.