A UNE PETITE AMIE
Votre doux billet, aimable inconnue,
Mélait à ma joie un brin de douleur. À Peut-être vous ai-je un peu reconnue !...
Mais peut-être non !.. .J’ai bien du malheur. :.
Pourquoi vous cacher ? Cette inquiétude Allume en mon cœur un ardent désir.
Vous vous dérobez à ma gratitude,
Et vous me gâtez un peu mon plaisir.
Si vous m’eussiez vu scrutant la missive, D : Y cherchant partout le nom désiré ; | Me disant tout bas, ‘et l'ême pensive :
“ D'où vient, en l’ouvrant, que j'ai soupiré ?”
Quel est ce gti ange, sphinx ou femme, Qui force mon cœur à lo deviner !...
Ce procédé-là serait presqu'infâme Sil n’était charmant. . . pour me taquiner !
Lr, ..
Janvier, 1891.
MYSTÉRIEUSE
J'ai cherché longtemps, encor je m’escrime,
Dans la chère page, à vous retrouver ; Si c’est indiscret, chargez-vous du crime, C’est assez déja, c'est trop m’éprouver !...
Pourtant j'ai cru voir, à travers le voile,
Un cœur...un minois-déjà bien connu...
Quand je le saurai !...Car tout se dévoile.
Je ne l’aurai pas, du moins, méconnu !
Vous m'avez jeté le doute dans l’âme, Charmante ignorée, à vous d’y pourvoir ; Pour guérir mon mal passez-y la flamme,
Mais, du moins, laissez, laissez-moi vous voir !
Ma pensée à vous demeure attachée ;
— Moi je ne suis pas si mystérieux —- J'admire en vous moins la perle cachée Que le diamant pur st radieux ! !