PAROLES AIMABLES
Parmi tous ces regards attachés à la terre, Il est un œil levé, qui reflète les cieux, Et qui sait, dans l’azur — 6 consolant mystère !—
Muse, te voir flotter, loin du monde vicieux ;
. Une oreille, à tes chants, qu‘ * penche, attentive, Quand le délire humain monte, en bruits confondus ; Une voix qui répond à notre voix plaintive :
‘ Poètes, vos doux chants n’ont pas été perdus !?
Lot Muse, je te bénis de m'avoir fait connaître, Sous les traits d’une femme, au cœur fort et vaillant, Cor Un ange de salut, qui réjouit mon être, En me rendant, vainqueur, l'idéal défaillant !. Je:
Le ENVOI :
pi Et:
Barde, ta mission tu sais la bien entendre :
|. : ‘ Nous faire aimer le Bien dans la splendeur du Beau !” | --(e jugement, peut-être, est moins strict et plus tendre, hi Mais de toi, je l'accepte et l'en trouve plus beau. | | Ces mots que tu n'as dits, en me sacrant poète, ‘ . Æ Osa En un style si pur qu’il nous semble inspiré, | Ces mots que tu m'as dits, mon âme les répète, Se Î ) A
Comme un refrain d'amour par le cœur soupiré.
Mai, 1891.
aillant,
1 Beau |!”
lus tendre, !
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Epitre à l'infidèle
Lorsque tu me l’offris, la branche verdoyante, J'hésitai. ..
Contre mon doute, alors, tu te fis suppliante : J'acceptai.
J e te dis: oui, tu veux ! Quel gage, donc, est-elle, Mes amours ?. .:
Et tu me répondis : “ Que je te suis fidèle, Pour toujours !”
Je la mis sur mon cœur, je crus à ta parole :
Je t’aimais !
Osais-je soupçonner que tu serais frivole ?
Non, jamais.
Et tu tenais ma main, et je pressais la tienne. Au ciel bleu, Une ci fila . .. Mais tu te disais mletines ;
- Merci Dieu...
L'ange de l'espérance emportait sur son aile Mes esprits,
Je ne voyais que toi, tu semblais la plus belle
Des houris.
Car tu me prodiguais amour, espoir, tendresse, Par serment :
Ce soir-là, j'ai connu la véritable ivresse, ;
Un moment.
Devuis, tout a chargé, ton amour m’abañdonne PUIS, ge,
Au regret,
Et j'en demande en vain à la branche mignonne 0 | Le secret.
" “ Pourquoi m'avoir, d'xbord, inondé d'espérance, | ; 3 A la fois, Et, maintenant, remplir la coupe de souffrance, | f : Où je bois !.
Pourquoi m'avoir permis de croire à ta noblesse, à Ta vertu 7...
Pour y manquer si tôt, pourquoi, cette promesse, * :
La fis-tu ?...
Pourquoi, lorsqu’à t'aimer se prodiguait mon âme, Doux souci,
Pourquoi, cruelle, avoir abusé de ma flamme,
Sans merci !...
Je contemple'souvent la branchette fanée,
Et rêveur,
Je songe à ta parole à jamais profanée.… .
© douleur!
Et tout bas, je te plains, dans mon malheur extrême, Pauvre enfant !
Se
Mon cœur contre la haine—est-ce encore qu'il t'aime —
Te défend.
Je crains : car si le Ciel garde une récompense A tout bien,
Pour le mal infligé sa justice dispense Le chagrin.
| À Au contraire, je prie afin que Dieu pardonne :
à Je l'ai fait !
b, 1 Pour l’injure reçue, en mon nom, qu’il te donne Vi Le bienfait |
As-tu voulu prouver que tout amour de femme Est trompeur ?...
Car c’est ton sexe entier que ton acte diffame
Sans pudeur...
Heureusement, je sais, gardant la foi jurée Et l'espoir,
Que la femme, souvent, y reste consacrée Sans déchoir ;
Que la fidélité compte encor des vestales Dans vos rangs :
Qu’elles sont légion, tendres sentimentale,
Aux cœurs francs !
Je me console ainsi. Je crois, j'aime et J'ESPÈRE ! L'avenir Me fera, plein d'amour, de ta branche encor chère
Souvenir ! !
Mai, 1891.