‹ "Lui" devant l'objectif caricaturalChapitre 34 sur 95 · GALERIE MÉCANIQUE DES ANCÊTRES · texte numérisé non relu

GALERIE MÉCANIQUE DES ANCÊTRES

— GaiVtoumefîea; (jouissant avec reconnaissance de cette merveille de la tecliniqtie) entonne le choral : « Maintenant, remerciez tous Dieu ! »

Caricature de Orion. (Uilenspiegel, do Rotterdam, 3i octobre igoS.)

la défense de la France.

L'entrevue de Guillaume à Kiel, avec Jonathan, est une vraie trouvaille, un pur chefd'œuvre. L'oncle Sam casqué du casque à pointe et Guillaume revêtu du tromblon américain!

Voilà le bon et franc rire de la caricature. Et cette page a un pendant, non moins drôle, non moins comique : le docteur Guillaume et le 'docteur Roosevelt avec la toge de professe"-

CARICATURES DhS DIFFÉRENTS PAYS

« LUI

du collège de Philadelphie. « Si Ton allait ainsi tous les deux, bras dessus, bras dessous, au carnaval de Cologne? » carnaval, on le sait, célèbre entre tous. Ne sont-ce pas les deux copains? L'un, VImperator; l'autre, le défenseur de ï Impérialisme. Certes, ce ne serait point banal.

Quand Guillaume parle avec amour de sa marine, de ses officiers, de ses marins, Michel interviènt au nom de l'Allemagne et lui dit : Votre marine, c'est la mienne; vos officiers, ce sont les miens; vos marins, ce sont les miens. Leçon de grammaire, si l'on veut, dont la haute portée n'échappera à personne.

POUR SERVIR d'illustration AU PLUS RÉCENT DISCOURS DE l"eMPEREUR — « La fréciuenlalion la meilleure pour le soldat est le soldai, non le civil, » Mais la fréquenlalion la plus utile pour le soldat est une civile de cette espèce.

(llumoristische Blxller, de Yieiuie, décembre 1891,)

A la mort de Bismarck, la légende est si cruelle qu'elle emporte le morceau.

Au retour de Chine, à propos de la dotation à Waldersec, la caricature met dans la bouche du Roi Edouard ce mot non moins terrible : « Ils s'estiment en Allemagne au poids de l'or, comme chez nous. »

Et comme Giiillaume ne cesse de vanter son Fritz, cet homme

CARICATURES DES DIFFÉRENTS PAYS

remarquable « qui sait avoir un mot pour tout le monde » quelque peu rosse, cette fois, elle fait donne}' son paquet au souverain colporteur de statues. Et le « paquet » est tel qu'il est bien forcé de s'en aller avec.

Une autre fois, Willy, cela t'apprendra à être moins loquace !

Et ces compositions, d'une si belle allure, sont presque toutes dues au dessinateur Johann Braakensiek et à un journal d'Amsterdam : Weekblad voor Nederland. Ce qui n'empêche pas les autres illustrés hollandais, Abraham Prikkie, Uilenspiegel, Neerland's Weekblad, Nederlandsche Spectator, de fournir des caricatures également précieuses et d'un bon dessin.

Une fois encore, honneurs leurs soient rendus !

— Aux ofliciers qui écriveut, les mains seront liées ; mais il faudrait que LUI commençât d'abord (à se fermer la bouche).

(Kikeriki, de Vienne, i8 février igo'i.^

* Cette image fait allusion au volume du lieutenant Bilse : Petite Garnison, qui fut, on le sait, saisi et interdit, et valut à son auteur six mois d'emprisonnement. Mais le succès de l'ouvi-ag-e avait engagé d'autres officiers à écrire et, pendant quelques mois, ce fut une avalanche (le scènes vécues visant toutes, plus ou moins, les côtés faibles de l'organisation militaire allemande.

Sur leurs traces, mais avec une tendance beaucoup plus accentuée à la charge, marche le dessinateur Julio : malheureusement son œuvre, quelque intéressante qu'elle soit, reste une œuvre personnelle. Il n'y a plus de caricature belge; il n'y a pas d'opinion publique belge.

Une dernière image est là devant nous — je ne parle pas de quelques caricatures isolées, grecques, danoises ou portugaises, — c'est

« LUI n

l'eNTREVUB de KIEL {Nebelspall.r, de Zurich, ii juin 1893.)

* Partie d'une caricature inlitulée ; l<i Balance. De l'autre côté, l'on voit le prince Constantin sur les épaules de Carnot (l'entre • vue de INancy).

l'image américaine. Eh bien!

V Impérialisme n'est pas positivement tendre pour Vlmperator et si l'Aigle américain ouvre de larges ailes, ce ne doit pas être avec l'intention de prendre sous sa protections l'Aigle germanique.

La caricature américaine, qui nous donne Guillaume en sanglier, qui le transforme en Cyrano de Berlin, fourrant son nez partout, en Napoléon de bonne fabrique, qui l'appelle Guillaume le Grand, comme s'il était le grand-père, et qui le montre, avant tout, préoccupé de l'avenir de sa marine, n'a pour Lui qu'un respect bien démocratique.

Ici, Guillaume ; là, Roosewelt !

L'ancien monde et le nouveau!

Et la lutte a commencé du jour où le Président de la grande République américaine est intervenu publiquement en faveur de la paix pour séparer les combattants.

Jadis, ce rôle était dévolu à l'Empereur des Français, qui sut en user; aujourd'hui, il était ardemment désiré par l'Empereur allemand qui ne sut pas intervenir au bon moment.

La caricature américaine l'a bien compris, et elle s'est chargée de le faire voir à Monsieur William, de Berlin, logé à l'Hôtel Briiannia.

CARICATURES DES DIFFÉRENTS PAYS

Et maintenant, images, déroulez-vous comme en un kaléidoscope, apprenez aux Français qui, certainement l'ignorent, que Guillaume, Empereur et Roi, est caricaturé, à crayon que veux-tu, dans tous les pays du monde, même dans les monarchies, même chez ses alliés de la Triplice, même dans le pays de grand'maman — et faites que les Allemands, qui se trouvent, aujourd'hui, dans une situation à peu près identique à celle des Français en 1869, ne se laissent pas entraîner par pur intérêt dynastique, à une guerre étrangère.

Les voici dûment renseignés, car ils sauront, en feuilletant ces images, ce que le monde pense de leur Souverain.

— Il se tenait debout, envers et contre tous, mais Guillaume, Empereur, lui marcha dessus et le laissa pour mort.

{Der Floh, de Vienne, igoS.)

* Allusion ù la cluite de M. Delcassé.

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