LE PLUS JEUNE DES ASSOCIES
L'Empereur allemand, le chef de la Triplice. — Ecoutez, Humberl, tout ce que nous pouvons vous dire, c'est que si vous continuez à marcher dans la combinaison abyssine, nous pourrions en arriver à être obligés de nous séparer.
(Punch, de Londres, 21 mars 189C.)
•Sur la porte, on lit : Triple Alliance Office. Cette image fait allusion à la campagne malheureuse entreprise par l'Italie en Abyssinie, campagne que l'Allemagne n'avait pas vue sans un certain sentiment de jalousie, quoique, d'un autre côté, cela lui donnât la satisfaction de mettre, pour ainsi dire, en concurrence la France et l'Italie. Que dis-je, elle amusa cette dernière en faisant miroiter à ses yeux la perspective d'une conquête possible de la Tunisie.
Guillaume apparaît ainsi, très souvent, sur des caricatures consacrées à la Triplice, comme le Deiis ex machina, le maître, quoique le plus jeune, alors qu'Humbert et François-Joseph figurent plus ou moins à l'état de comparses.
L'on a, ainsi, les deux notes répondant aux deux faces de son caractère : là, le plus turbulent, celui qui va tout brouiller; ici, celui dont la parole fait autorité et qu"il faut suivre, qu'on le veuille ou non.
l'empereur GUILLAUME SUR LE VESUVE — Y aurait-il, vraiment, deux Vésuves en Europe ?
Caricature de J. Braakensiek. {Weekblad voor Nederland, d'Amsterdam, 12 avril 189G.) * Les hommes et les clioses qui vont faire irruption du fond des entrailles de ce Vésuve politique sont : AUwahrd, Bebel. Richter, l'antisémitisme, les socialistes, les agrarions, les libéraux, les libre-échangistes, etc.
LA SITUATION POLITIQUE EN ALLEMAGNE Henri Heine (apparaissant, dans le fond, sur le seuil de la porte). — Tu vois, dans co coin, ce vieux lauteuil déctiiré, le cuir des hras mangé aux vers laisse apercevoir le bois. Eh bien ! va vers lui et soulève le coussin du siège ; une ouverture ronde t'apparaîtra avec une cuvette au-dessous. C'est une cuvelte enchantée eu laquelle se mélangent les forces magiques, et si tu aventures ta tête dans l'ouverture, tu pourras entrevoir l'avenir.
L'Empereur Guillaume. — Qu'ai-je vu ? Je ne le dirai point, j'ai promis le silence. A peine m'est-il permis de m'écricr : « O Dieu ! Quel parfum ! »
Caricature de Johann Braakensiok. {Weekblad voor Nederland, décembre 189O.)
DE PARIS A CANOSSA (PAR KIEl)
Murawiew. — Sire, vous m'avez rendu le chemin jusqu'à vous un peu difficile! Mais, par amitié pour l'Allemagne...
Guillaume II. — Allons, allons, mon cher, vous venez de Paris. J'ai donc pensé qu'il vous serait agréable de voir ma flotte! Bonnes amitiés a mon cousin.
Caricature de F. Boscovilz, (Nebelspalter, de Zurich, fovi-ier 1897.)
FAIT RÉCENT A FRIEDRICHSRUHE
Le nettoyeur de boutons de porte. — Je vous demande Jiuinblement un petit secours. J'en ai giand besoin. {Humoristické Listy, de Prague, 1897.)
* Cpi ouvrier nomade, exerçant un métier infime, ass.ez répandu dans les contrées bohèmes, n'est autre que l'Empereur Guillaume cliercliant à se rapproclier de M. de Bismarck.