‹ "Lui" devant l'objectif caricaturalChapitre 81 sur 95 · SCHILLER · texte numérisé non relu

SCHILLER

« — Tonnerre! Que signifie, en .ces jours, cette stupide et irrespectueuse question? « Pourquoi nous n'avons pas honoré et grandi son peu de gloire par la présence de notre divine autorité ? » Vraiment l'homme en était-il digne?

» Nous avons bien, oui, certes, pris part à ses souffrances; nous avons lu ce qu il dut écrire. Nous avons admiré ir.aint mot qu'aucun Allemand, jan-ais, ne doit prononcer.

» Veut-il. cent ans après, être encore, avant tout, recevable à la Cour! Qu'il faille venir poser une pareille question est profondément ridicule, mais impérieusement nécessaire. Et maintenant, c'est fait ! »

(Figaro, de Vienne, 3o mai igoj.)

*Guillau!ne II, on ne l'ignore pas, est poète à ses heures. Son Ode à ^giy a i'-.c:ne été traduite en français Ce;-.: u:-..; production littéraire,

ni meilleure ni plus mauvaise que beaucoup d'autres, faite, sans doute, en un moment d'inspiration éthérée,pour montrera son peuple qu'il pouvait manier le vers aussi bien que l'épée ou le bâton de chef d'orchestre. Malheureusement, avant d'être poète il est Empereur, il est le descendant des HohenzoHern, si bien que pour lui tout doit s'incliner devant la Majesté de la fonction, tout doit cadrer avec l'esprit du dirigeant.

Et c'est pourquoi, réglées en quelque sorte par lui, les fêtes de Schiller ne furent point ce qu'elles eussent dù être : des fêtes purement littéraires, purement intellectuelles permettant à l'Allemagne qui pense, qui écrit, de célébrer l'un de ses enfants les plus illustres.

Fêtes officielles, gouvernementales, avec une nuance politique nettement accentuée, elles désillusionnèrent le monde intellectuel et, de toutes parts, d'Autriche et d'Allemagne même, provoquèrent de violentes satires.

Songez d(n-ic : Schiller l'indépendant, le démocrate, prussianisé, pesé, soupesé, pour savoir exactement ce à quoi il pouvait avoir droit comme honneurs.

Parlez-nous de Goethe, de « M. le conseiller privé von Gœthe ! » Ah ! celuilà, à la bonne heure!

Et voilà pourquoi la caricature a été plutôt mordante en la circonstance

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