NOTICE POSTÉRIEURE
Des articles de journaux sur la première représentation d'une œuvre dramatique , surtout quand la curio-
site est excitée par le nom illustre de l'auteur, doivent forcément être écrits et expédiés avec la plus grande hâte, pour ne pas laisser prendre une dangerense avance à des jugements malveillants et à des cancans calomnieux. Voilà pourquoi, dans les pages qui précèdent , je n'ai point parlé spécialement du poëte qui venait de tenter son premier essai sur la scène. Par malheur, cet essai manqua complètement, de manière que le front de l'auteur habitué aux lauriers , se vit cette fois couronné d'épines, et d'épines très-aiguës. Pour compenser en quelque sorte aujourd'hui la lacune laissée dans ma lettre d'alors, je communiquerai ici quelques remarques sur la personne de George Sand , remarques fugitives et puisées au hasard dans une monographie que j'ai écrite il y a plusieurs années.
Les voici :
« Comme tout le monde sait , George Sand est un pseudonyme, le nom de guerre d'une belle amazone littéraire. Ce qui Ta portée à choisir ce nom , ce ne fut aucunement le souvenir du malheureux Sand , assassin de Kotzebue, du seul auteur dramatique de l'Allemagne qui ait su écrire des comédies. Notre héroïne prit ce nom parce que c'était la première syllabe de Sandeau , son premier cavalière servente. C'est un écrivain trèshonorable, mais qui avec son nom entier n'a pu se rendre aussi célèbre que son illustre maîtresse avec la moitié, qu'elle emporta en riant lorsqu'elle se sépara de lui.
Le vrai nom de George Sand est Aurore Dudevant , comme s'appelait son époux légitime , qui n'est pas un mythe , comme on pourrait le croire , mais un gentilhomme eu chair et en os de la province du Berry, et que j'ai une fois eu le plaisir de voir de mes propres yeux. C'est même chez son épouse que je le vis, chez sa légitime épouse, qui avait déjà de fait divorcé avec lui à cette époque, et vivait dans un petit logement sur le quai Voltaire. Que j'aie vu M. Dudevant justement en cet endroit , c'est une circonstance curieuse , pour laquelle , comme dirait Chamisso , je pourrais me faire voir moi-même pour de l'argent. Je lui trouvai une figure d'épicier parfaitement insignifiante, et il me sembla n'être ni méchant ni brutal, mais je compris aisément que cette tiède vulgarité, cette nullité banale, ce regard de porcelaine , ces mouvements monotones de pagode chinoise, qui auraient, il est vrai, pu être assez amusants pour une femme ordinaire , devaient nécessairement à la longue devenir insupportables pour un cœur de femme profondément sensible , et ne pouvaient manquer de la remplir à la fin d'horreur et d'épouvante , au point de la faire se sauver à tout prix de cet enfer matrimonial.
Le nom de famille de George Sand est Dupin. Elle est la fille d'un militaire dont la mère était la fille naturelle d'une danseuse, jadis célèbre, mais oubliée aujourd'hui. Le père de cette grand' mère de George Sand était, à ce qu'on dit, le maréchal Maurice de Saxe,
fameux par sa bravoure guerrière et sa nombreuse progéniture illégitime ; lui-même fut un des quatre cents bâtards qu'avait laissés le prince électeur Auguste le Fort, roi de Pologne. La mère de Maurice de Saxe fut Aurore de Kœnigsmark; et Aurore Dudevant, qui avait reçu le nom de son aïeule , donna également à son fils le nom de Maurice. Ce fils et une fille, appelée Solange, et mariée au sculpteur Clésinger, sont les deux seuls enfants de George Sand. Elle fut toujours une excellente mère , et souvent j'ai eu l'honneur d'assister, pendant des heures entières, aux leçons de langue française qu'elle donnait à ses enfants. Ce qui est à regretter, c'est que toute l'Académie française n'ait pas assisté à ces leçons , car elle aurait pu certainement en profiter beaucoup.
George Sand , le plus grand écrivain de France , est en même temps une femme d'une beauté' remarquable. Comme le génie qui se montre dans ses œuvres, son visage peut être nommé plutôt beau qu'intéressant; l'intéressant est toujours une déviation gracieuse ou spirituelle du véritable type du beau, et la figure de George Sand porte justement le caractère d'une régularité grecque. La coupe de ses traits n'est cependant pas tout à fait d'une sévérité antique, mais adoucie par la sentimentalité moderne , qui se répand sur eux comme un voile de tristesse. Son front n'est pas haut, et sa riche chevelure du plus beau châtain tombe des deux côtés de la tête jusque sur ses épaules. Ses yeux sont un peu
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ternes } du moins ils ne sont pas brillants : leur feu s'est peut-être éteint par des larmes fréquentes , ou peut-êlre a-t-il passé dans ses ouvrages , qui ont répandu leurs flammes brûlantes par tout l'univers et embrasé tant de têtes de femmes : on les accuse d'avoir causé de terribles incendies. L'auteur de Lélia a des yeux doux et tranquilles , qui ne rappellent ni Sodome , ni Gomorrhe. Elle n'a pas un nez aquilin et émancipé, ni un spirituel petit nez camus; son nez est simplement un nez droit et ordinaire. Autour de sa bouche se joue habituellement un sourire plein de bonhomie , mais qui n'est pas très-attrayant; sa lèvre inférieure, quelque peu pendante, semble révéler la fatigue des sens. Son menton est charnu , mais de très-belle forme. Aussi ses épaules sont belles , et même magnifiques ; pareillement ses bras et ses mains, qui sont extrêmement petites, ainsi que ses pieds. Quant aux charmes de son sein, je laisse à d'autres contemporains l'outrecuidance de les décrire; j'avoue humblement n'être pas compétent à cet égard. La conformation générale de son corps a d'aüleurs l'air d'être un peu trop grosse, ou du moins trop courte. Seulement la tête porte le cachet de l'idéal , elle rappelle les plus nobles restes de l'art antique , et , sous ce rapport , un de nos amis a eu parfaitement raison de comparer la charmante femme à la statue de marbre de la Vénus de Milo, qui se trouve placée dans une des salles du rez-de-chaussée du Louvre. Oui, George Sand est belle comme la Vénus de
Milo; elle surpasse même celle-ci par bien des qualités: elle est par exemple beaucoup plus jeune. Les physionomistes qui prétendent que c'est la voix de l'homme qui fait le mieux deviner son caractère, seraient fort embarrassés s'ils devaient reconnaître la profonde sensibilité de George Sand dans le son de sa voix. Sa voix est mate et voilée, sans aucun timbre sonore, mais douce et agréable. Le ton naturel de son langage lui prête un charme particulier. Quant à des dispositions pour le chant , il n'y en a pas du tout chez George Sand : elle chante tout au plus avec la bravoure d'une belle grisette qui n'a pas encore déjeuné , ou qui , pour toute autre raison , n'est pas en voix pour le moment.
Aussi peu que par son organe , George Sand brille par sa conversation. Elle n'a absolument rien de l'esprit pétillant des Françaises, ses compatriotes, mais rien non plus de leur babil intarissable. Cette sobriété de paroles n'a cependant pas pour cause la modestie, ni un intérêt sympathique et profond pour son interlocuteur. Elle est taciturne plutôt par orgueil , parce qu'elle ne vous croit pas dignes de la faveur de vous prodiguer son esprit; ou bien même elle l'est par égoïsme, parce qu'elle cherche à absorber en ellemême les meilleures de vos paroles , afin de les laisser fructifier dans son âme et de les employer plus tard dans ses écrits. Cette particularité, chez George Sand, de savoir, par avarice, ne rien donner dans la corner-
sation , et y recueillir toujours quelque chose, est un trait sur lequel M. Alfred de Musset appela un jour mon attention. «Elle a par là un grand avantage sur nous autres, » dit Musset, qui, pendant de longues années d'intimité, a eu les meilleures occasions de connaître à fond le caractère de l'auteur de Lélia.
Oui, jamais George Sand ne dit un mot brillant d'esprit , et elle ne ressemble guère à ses compatriotes sous ce rapport. Avec un sourire aimable et parfois singulier, elle écoute quand d'autres parlent , et les pensées étrangères qu'elle a reçues et travaillées en elle, sortent de l'alambic de son intelligence sons une forme bien plus riche et précieuse. Elle a r oreille extrêmement fine. Elle accepte volontiers aussi les conseils de ses amis.
On comprend qu'à cause de la direction peu canonique de son esprit, elle n'ait pas de confesseur; mais comme les femmes même les plus enthousiastes d'émancipation ont toujours besoin d'un guide masculin , d'une autorité masculine , George Sand a pour ainsi dire un directeur de conscience littéraire, une espèce de capucin philosophe nommé Pierre Leroux. Cet excellent homme exerce malheureusement sur le talent de sa pénitente une influence peu favorable, car il l'entraîne dans d'obscures dissertations sur des idées à moitié écloses; il l'engage à entrer dans des abstractions stériles, au lieu de s'abandonner à la joie sereine de créer des formes vivantes et colorées , et d'exercer l'art pour
l'art. George Sand avait investi d'une dignité plus mondaine auprès de sa personne notre bien-aimé ami Frédéric Chopin. Ce grand compositeur et pianiste fut pendant quinze ans son cavalière servente le plus féal et le plus chevaleresque; quelque temps avant sa mort, il fut remercié pour des raisons qui me sont inconnues.
Je ne sais comment mon ami Henri Laubé a pu un jour, dans la Gazette d'Augsbourg, m1 attribuer une expression qui semblait dire que , lors de son séjour à Paris y l'incomparable Franz Liszt avait été l'amant de George Sand. L'erreur de Laubé est venue sans doute d'une association d'idées : il aura confondu les noms de deux pianistes également célèbres. En rectifiant cette erreur, je m'empresse de rendre un service plus sérieux à la bonne réputation, ou plutôt à la réputation de bon goût de notre célèbre contemporaine , en donnant à mes compatriotes de Vienne et de Prague l'assurance formelle qu'ils ont été dupes d'une calomnie des plus stupides , en croyant sur parole un des plus misérables compositeurs de romances de là-bas , un certain insecte rampant et sans nom , qui s'est vanté d'avoir entretenu avec George Sand une liaison intime. Les femmes ont à la vérité toutes sortes d'étranges appétits, et il s'en trouve même qui mangent des araignées; mais je n'ai jamais rencontré une femme qui ait avalé des punaises. Non, Lélia n'a jamais eu de goût pour un pareil insecte , et elle ne l'a toléré quelquefois
dans sa maison que parce qu'elle en était trop importunée.
Pendant longtemps, comme je Tai dit tout à l'heure, Alfred de Musset fut l'adorateur de George Sand. Quel singulier effet du hasard, que justement le plus grand poëte en prose que possèdent les Français, et le plus grand de leurs poètes en vers qui vivent actuellement (en exceptant l'incomparable et divin Béranger) aient pendant longtemps brûlé l'un pour l'autre d'un amour passionné. Ces deux têtes couronnées de lauriers formaient un bien beau couple.
George Sand pour la prose et Alfred de Musset pour les vers, surpassent en effet leurs contemporains français, et dans tous les cas ils sont supérieurs à M. Victor Hugo, cet auteur si vanté, qui, avec une persévérance opiniâtre et presque insensée, a fait accroire à ses compatriotes, et à la fin à lui-même, qu'il était le plus grand poëte de la France. Est-ce réellement son idée fixe? En tout cas, ce n'est pas la nôtre. Chose bizarre! la qualité qui lui manque surtout, est justement celle que les Français estiment le plus, et dont ils sont particulièrement doués eux-mêmes. Je veux dire le goût. Comme ils avaient rencontré cette qualité chez tous les écrivains de leur pays, l'absence de goût complète chez Victor Hugo leur parut peut-être justement de l'originalité. Ce que nous regrettons surtout de ne pas trouver en lui, c'est ce que nous Allemands appelons le naturel. Victor Hugo est forcé et faux, et souvent dans le même vers
Tun des hémistiches est en contradiction avec l'autre ; il est essentiellement froid, comme l'est le diable d'après les assertions des sorcières, froid et glacial, même dans ses effusions les plus passionnées; son enthousiasme n'est qu'une fantasmagorie , un calcul sans amour, ou plutôt il n'aime que lui-même; il est égoïste, et pour dire quelque chose de pire, il est Hugoïste. Il y a en lui plus de dureté que de force, et son front est de l'airain le plus effronté. Malgré tous ses moyens d'imagination et d'esprit, nous voyons chez lui la gaucherie d'un parvenu ou d'un sauvage, qui se rend ridicule en s' affublant d'oripeaux bigarrés, en se surchargeant d'or et de pierreries, ou en les employant mal à propos : en un mot, tout chez lui est barbarie baroque, dissonance criante et horrible difformité ! Quelqu'un a dit du génie de Victor Hugo : C'est un beau bossu. Ce mot est plus profond que ne le suppose peut-être celui qui l'a inventé.
En répétant ce mot, je n'ai pas seulement en vue la manie de M. Victor Hugo, de charger, dans ses romans et ses drames, le dos de ses héros principaux d'une bosse matérielle, mais je veux surtout insinuer ici qu'il est lui-même affligé d'une bosse morale qu'il porte dans l'esprit. J'irai même plus loin, en disant que d'après la théorie de notre philosophie moderne, nommée la doctrine de l'identité, c'est une loi de la nature que le caractère extérieur et corporel de l'homme répond à son caractère intérieur et intellectuel. — Je ruminais encore
cette donnée philosophique dans ma tête, lorsque je vins en France, et j'avouai un jour à mon libraire Eugène Renduel, qui était aussi l'éditeur de Victor Hugo, que d'après l'idée que je m'étais faite de ce dernier, j'avais été fort étonné de ne pas trouver en M. Hugo un homme gratifié d'une bosse. «Oui, on ne lui voit pas sa difformité, » dit M. Renduel par distraction. — Comment , m'écriai-je, il n'en est donc pas tout à fait exempt? — «Non, pas tout à fait,» répondit Renduel avec embarras, et sur mes vives instances il finit par m'avouer qu'il avait, un beau matin, surpris M. Hugo au moment où il changeait de chemise, et qu'alors il avait remarqué un vice de conformation dans une de ses hanches, la droite, si je ne me trompe, qui avançait un peu trop, comme chez les personnes dont le peuple a l'habitude dédire qu'elles ont une bosse, sans qu'on sache où. Le peuple, dans sa naïveté sagace, nomme ces gens aussi des bossus manques, de faux bossus, comme il appelle les albinos des nègres blancs. Chose aussi amusante que significative! ce fut justement à l'éditeur du poëte que cette difformité ne resta pas cachée. Personne n'est un héros aux yeux de son valet de chambre, dit le proverbe, et de même le plus grand écrivain finira par perdre à la longue son prestige héroïqife aux yeux de son éditeur, l'attentif valet de chambre de son esprit: ils nous voient trop souvent dans notre négligé humain. Quoi qu'il en soit, je m'amusai beaucoup de cette découverte de Renduel ; elle sauve la synthèse de ma philosophie allemande, qui affirme que
le corps est l'esprit visible, et que nos défauts spirituels se manifestent aussi dans notre conformation corporelle. Mais il faut que je fasse mes réserves expresses contre une conclusion erronée qu'on pourrait tirer de là, en pensant que le contraire doit avoir lieu également, c'està-dire que le corps de l'homme doit toujours être en même temps son esprit visible, et que la difformité extérieure donne le droit de supposer aussi une difformité intérieure, une difformité morale. Non , nous avons trouvé bien des fois dans des enveloppes rabougries et laides, les âmes les plus droites et les plus belles, ce qui s'explique facilement parce que les difformités corporelles sont causées d'ordinaire par quelque accident physique, si elles ne sont pas la suite d'une négligence ou d'une maladie survenue après la naissance. Au contraire, la difformité de l'âme vient au monde avec nous; et c'est ainsi que le poëte français, en qui tout est faux, se trouve être aussi un faux bossu.
Nous nous rendrons le jugement des œuvres de George Sand plus facile en disant qu'elles forment un contraste absolu avec les productions de Victor Hugo. George Sand a tout ce qui manque à ce dernier : elle a du naturel, du goût, la vérité, la beauté, l'enthousiasme, et toutes ces qualités sont reliées entre elles par l'harmonie la plus parfaite et la plus sévère à la fois. Le génie de George Sand a les hanches les mieux arrondies et les plus suavement belles; tout ce qu'elle sent et pense respire la grâce et fait deviner des profondeurs
immenses. Son style est une révélation en fait de forme pure et mélodieuse. Mais pour les héros de ses livres, les sujets qu'elle représente, et qu'on pourrait souveut appeler des mauvais sujets, je m'abstiens ici de toute observation à cet égard, et je laisse ce thème à la discussion de ses ennemis vertueux et quelque peu jaloux de ses succès immoraux.
Paris, 7 mai 1840.
Les journaux d'aujourd'hui publient un rapport adressé par le consul autrichien de Damas au consul général d'Autriche à Alexandrie, au sujet des juifs de Damas, dont le martyre rappelle les temps les plus ténébreux du moyen âge. Tandis qu'en Europe les contes du moyen âge nous servent de sujets poétiques, et que nous nous amusons de ces traditions naïvement sinistres, dont s'effrayaient tant nos ancêtres; tandis que chez nous ce n'est plus que dans les ballades et les romans qu'on parle de ces sorcières, de ces loupsgarous et de ces juifs qui, pour leur culte diabolique, ont besoin du sang de pieux enfants chrétiens ; tandis que nous rions et oublions, on commence en Orient à se souvenir d'une manière très-affligeante de la vieille superstition, et à se regarder avec des mines fort se-
rieuses, des mines de sombre fureur et d'angoisse mortelle ! Pendant ce temps, le bourreau exerce la torture, et, martyrisé sur le chevalet de la question, le juif de Damas avoue qu'à rapproche des fêtes pascales il lui avait fallu un peu de sang chrétien pour tremper son pain sec des azymes, et qu'à cet effet il avait saigné à mort un vieux capucin ! Le Turc de la Syrie est sot et méchant, et il met volontiers ses instruments de bastonnade et de torture à la disposition des chrétiens contre les juifs accusés; car les deux sectes lui sont également odieuses, il regarde les adhérents du Christ et de Moïse comme des chiens, il leur donne aussi ce nom d'honneur, etil se réjouit certainement quand le giaour chrétien lui fournit l'occasion de maltraiter avec quelque apparence de justice le giaour juif. Attendez seulement ! Lorsque ce sera dans l'intérêt du pacha, et qu'il n'aura plus à craindre l'intervention armée des Européens, il écoutera aussi le chien circoncis, et ce dernier accusera les chiens baptisés, Dieu sait de quel méfait horrible. Aujourd'hui enclume, demain marteau!
Mais pour l'ami de l'humanité, de pareils événements seront toujours un crève-cœur. Les lugubres symptômes de cette espèce sont déjà un malheur dont les conséquences peuvent devenir incalculables. Le fanatisme est un mal contagieux, qui se répand sous les formes les plus différentes, et exerce à la fin ses ravages contre nous tous. Le consul de France à Damas, le comte Ratti- Menton, s'est rendu coupable de choses qui ont soulevé