Ibid
A. Opp. exeg. lat., XXIV, i84-i85 (i524).
LA SAINTETÉ MONASTIQUE PAR LES ŒUVRES l85
Dominique ne se sont pas attachés au Christ et n'ont pas rejeté la sainteté de leur vie, « je n'irais pas volontiers dans leur ciel *. » « Le plus vicieux de tous les bipèdes », pour répéter le nom que le grave et fameux juriste Ulrich Zasius donne à Luther2, aurait pu s'épargner la crainte de parvenir au même ciel que François et Dominique ; il aurait pu moins trembler pour leur salut et celui des bons religieux qui, jusqu'à leur dernier soupir, ont été fidèles à Dieu dans l'accomplissement de leurs devoirs monastiques. Dans ce ciel, il ne s'est pas trouvé de place pour Luther et ses religieux apostats si, à leur dernière heure, ils n'ont pas condamné leurs erreurs et leur vie.
Ce n'est que dans la seconde partie que le lecteur comprendra la gravité des attaques et des calomnies que l'on vient d'entendre Luther lancer contre les religieux; l'on verra alors son attitude à l'endroit des bonnes œuvres, et l'on constatera que, de propos délibéré, il s'est tu sur le fondement de toute bonne œuvre et de tout mérite, à savoir Jésus-Christ, son sang et ses mérites.
S l\. — Calomnies de Luther sur la « Formule monastique de l'absolution ».
Ce qui précède va nous expliquer la manière révoltante dont Luther en a imposé à son public, lorsqu'il est parti en guerre contre la prétendue formule d'abso-
i. Erl.,45, 356 (i537-i538).
a. « Omnium bipedum nequis$imus », dans J. A. Riegqer, U. Zasii Epistolœ (Ulmœ, 177/»), p. 79. Cicéron applique la phrase à Réguluf*
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lution usitée chez les moines. Pour lui, il s'agissait de montrer que c'était uniquement en raison de leurs œuvres qu'ils entendaient être absous de leurs péchés. A une section de son second commentaire sur Vêpître aux Gâtâtes il donne pour titre : « Formule de V absolution monastique. Que Dieu te pardonne, mon frère*. » Puis, il cite la prétendue formule de l'absolution, qui en réalité n'est pas la formule de l'absolution, mais un supplément absolument accessoire, et qui, comme nous allons le voir, n'a pas trait à l'absolution, mais à la satisfaction. Pour la formule unique d'absolution en usage dans toute l'Eglise, il la passe sous silence.
i. In Gai. ï, 325-326 (i535) : « Forma absolutionis monasticae. Parcat tibi Deus, frater. — « Meritum passionis domini nostri Jesu Christi, et beatae Mariae semper virginis, et omnium sanctorum, meritum ordinis, gravamen religionis, humilitas confessionis, contritio cordis, bona opéra, quae fecisti et faciès pro amore domini nostri Jesu Christi, cédant tibi in remissionem peccatorum tuorum, in augmentum meriti et gratiac et praïmium vitas œternae. » Hic audis quidem meritum Christi, sed si diligentius vérba cxpenderis, intelliges Christum plane otiosum esse et ei detrahi gloriam et nomen justificatoris et salvatoris et tribui monasticis operibus. Num hoc non est nomen Dei in vanum sumere ? Num hoc non est Christum verbis fateri, vim autem ejus abnegare et blasphemare? Ego in eodem luto hœsitavi, putabam Christum esse judicem (etsi ore fatebar eum passum et mortuum pro redemtione generis humani) p'.acandum observatione regulae meae. Ideo cum orabam aut celebrabam missam, solitus eram semper adjicere in fine : Domine Jesu ad te venio, et oro, ut gravamina ordinis mei sint compensa tio pro peccatis meis. Nunc vero gratias ago patri misericordiarum, qui me a tenebris vocavit ad lucem evangelii et donavit me uberrima cognitione Christi Jesu Domini mei etc., non habens meam justitiam ex régula Augustini sed eam, quae est per fidem Christi. »