LUTHER A-T-IL FAIT VŒU DE RENIER J.-C
baptême1: ils font perdre la grâce baptismale (qui toutefois peut revivre), et ils détruisent Vaillance conclue au baptême. Mais ce n'est pas par le « baptême monastique » ou par la «moinerie» que se fait le retour à Dieu, c'est par le sacrement de pénitence2. Or ce sacrement suppose deux préliminaires indispensables : le sang de Jésus-Christ et la réception du baptême. La ((moinerie» facilite le renouvellement ou plutôt le renforcement du lien baptismal, mais on peut atteindre cette fin sans se faire religieux.
J'ai dit plus haut3 comment en i52i, plus d'un an après son apostasie, Luther prétendait qu'il ne se rendait pas compte des dispositions dans lesquelles il avait fait ses vœux. Huit ans après, il en savait plus long : « Pour moi, disait-il alors, si je me suis précipité dans un monastère, ce n'était pas pour servir le diable, mais pour mériter le ciel par l'obéissance, la chasteté et la pauvreté4 ». Et quatre autres années après, douze ans par conséquent après 1 5a i, il en savait beaucoup plus long encore ; à rencontre de ce qu'il sait parfaitement être la vérité, il en vient à d'extravagantes affir-
i. Ibid., « Impediunt effectum baptismi ».
a. Ibid., « Pipnitentia supervenicnte tollitur peccatum, quod impediebat effectum baptismi ». Voir aussi tout ce que dit à ce propos le Lavacrum conscientix, du xv' siècle (Ci-dessus, I, p. i^o, n. a). Il va de soi que Jean de Paltz, le plus célèbre théologien de l'ordre des ermites en Allemagne au temps de Luther, et que Luther connaissait personnellement, ne savait rien d'un baptême monastique qui aurait fait regagner la grâce du baptême, mais qu'en ce sens il connaissait le sacrement de pénitence. Suppl. Cœlifodine (Erphordie, i5oA), fol. Lij.