Voir ci-dessus, p
398 LES DIRES DE LUTHER APRES l53o
outré, faisant grand cas du mérite des œuvres ou de l'excès dans les pratiques de pénitence ? Tout au contraire. Dans la période de sa vie où il n'y avait presque personne en qui Luther n'eût quelque chose à reprendre, il disait de ce précepteur : « C'était un excellent homme, et, sous ce maudit froc, assurément un vrai chrétien1 ». Le vrai chrétien au sens où l'entend Luther à l'époque où remontent ces aveux ne fait certainement aucun cas du mérite des œuvres, à plus forte raison de l'excès dans leur pratique. Cet excellent et « distingué vieillard », ainsi qu'il le nomme ailleurs 2, aurait donc vu tranquillement ce jeune moine confié à ses soins s épuiser par des macérations jusqu'à en mourir. Pourtant, il n'était pas sans reconnaître les talents du jeune Frère ; il se rendait compte des services que plus lard il pourrait rendre à l'ordre ; pendant son noviciat, il lui fit même lire saint « Athanase 3 ». Comme Luther lui-même nous le rapporte dans une autre circonstance, ce même «précepteur» ne savait-il pas le consoler si bien dans ses tentations qu'il le calmait sur le champ *?
Le jeune postulant restait sous la direction du maître des novices jusqu'à son ordination sacerdotale ; Luther fut donc sous la surveillance de ce prudent vieillard jusqu'en 1607. A partir de cette époque, c'est-
1. En i53a, dans De Wette, IV, 437 : « Vir sane optimus et absque dubîo sub damnato cucullo veruschristianus. »
2. C'est ainsi qu'il l'appelle en i54o. Voir Laxter iiach, Tagebuch auf das Jahr i538, publié par Seidemann (1872), p. 197, note.
3. Les Dialogi III de Vigilius, évêque de Tapsus. Enders, IX, 253, n. 1.
lt. Opp, exeg. lat., XIX, 100 (i532>.