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CHAPITRE XI

LUTHER ET LE (( BAPTÊME MONASTIQUE ». THOMAS d'aquin, l'inventeur PRÉTENDU DE CE BAPTÊME4

Lorsque dans son ouvrage sur les vœux monastiques Luther parle du rapport de ces vœux avec le baptême, il s'exprime avec un peu plus de réserve qu'il ne le fera

i . Ce volume a été traduit en parties à peu près égales par M. Paquier et par M. Bayol. Mais les deux traducteurs ont été constamment en relations et ils ont réciproquement revu leur travail. Le lecteur le plus attentif aura donc peine, croyons-nous, à saisir dans cette traduction deux manières différentes. La traduction des volumes suivants, déjà fort avancé*, sera le fruit de la même étroite collaboration.

Dans ce volume, plus encore que dans le précédent, nous avons rectifié et complété certains passages de l'original.

Nous avons utilisé notamment le t. I du Luther du P. Grisar, paru à la fin du mois de février 191 1. A côté de pages personnelles, l'œuvre de Grisar présente un résumé à peu près complet de tout ce qui a été dit sur Luther ; peut-être même çà et là le récit eût-il gagné en vivacité si l'auteur avait consenti à être moin9 consciencieux. En général, Grisar est beaucoxip moins dur que Denifle pour Luther : c'est, le calme après la tempête. Luther eût été contraint de reconnaître en Denifle un homme de sa race; Grisar est plutôt de celle de Mélanchthon.

L*œuvre de Grisar est davantage une biographie de Luther ; avec ses nombreux développements théologiques et liturgiques, celle de Denifle est sans doute de nature à intéresser des milieux plus variés. (Paris, le 2 avril 1911). (N. d. T.).

dans la suite. Néanmoins, il ne laisse pas de dénaturer çà et là l'enseignement des théologiens catholiques; pour eux, ce serait par ses œuvres naturelles que l'homme obtiendrait la grâce et la rémission de ses péchés : ils nous font ainsi renier le Christ et apostasier. Toutefois, quand il parle de la théorie d'après laquelle à toutes les fois qu'un religieux renouvelle ses vœux dans son cœur, avec a un tant soit peu de repentir », ce religieux entre de nouveau dans son ordre, ce n'est pas à Thomas qu'il en appelle, mais à un ouï-dire. Celui qui parlait ainsi, ajoute-t-il, faisait de l'entrée dans l'ordre l'équivalent du baptême, et c'est ce qu'ils font tous i. 11 est étonnant Cou plutôt il n'y a pas à s'étonner) de voir ici Luther lui-même réfuter en partie, sans qu'il s'en rende compte, les objections qu'il avait soulevées contre les vœux. Comme nous l'avons vu, il soutenait que pour les papistes les vœux avaient une vertu justifiante et que par eux l'on obtenait la rémission de ses péchés ; ici il reconnaît qu'outre les vœux, il faut le repentir et par conséquent la pénitence.

Il ajoute que [dans l'Eglise], on est unanime à considérer l'entrée dans un ordre comme l'équivalent du baptême. Or, un premier point de certain, c'est que

i. Weim., VIII 596, 18 (i52i) : « His auribus audivi quosdam maximi nominis inter eos docere, religiosum esse hac gratia ditissimum, ut quoties rénovant votura religionis in corde suo per contriciunculam aliquam, toties a novo ingrederetur religionem. Hoc autem ingredi baptisma aequabat sicut œquant omnes». D'après une note de la Palrologie de Migne sur le De Prœcepto et Dispensalione de saint Bernard (Migne, Patr. lat., t. 182, c. 889), et sans remonter aux sources, Kawerau cite ici deux passages de deux lettres de saint Jérôme.

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