‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 23 sur 283 · Ibid., p. 597-598 (i5ai · texte numérisé non relu

Ibid., p. 597-598 (i5ai

k. Voir ci-dessus, ch. n, p. 148-149.

cette catégorie que se rapporte cette autre parole de saint Paul : « Il vaut mieux se marier que de brûler *. » Mais peu importait à Luther de comprendre et d'expliquer exactement le sens de l'Ecriture : il ne faisait attention qu'aux mots, et il s'en servait d'une manière toute mécanique ; autrement, il serait allé à l'encontre de son but. Il visait à rendre l'Eglise le plus méprisable possible, à représenter sa doctrine comme contraire à l'Ecriture. C'est pourquoi ici encore, suivant une méthode à laquelle il a souvent eu recours, il répète à satiété le même mensonge. En i5aa, il revient sur le passage de la lettre de saint Paul à Timothée, qu'il viendrait des docteurs hypocrites, « enseignant des doctrines diaboliques, interdisant le mariage et les aliments que Dieu a créés. Remarquez-le bien, dit-il: c'est l'apôtre lui-même qui appelle docteurs du diable ceux qui interdisent le mariage. Il ne parle pas des adeptes de Tatien, comme le prétend le menteur de Dresde 2. Les Tatianistes n'interdisaient pas le mariage : ils le condamnaient comme un péché. Or, ici, saint Paul parle de ceux qui se bornent à le prohiber, sans le condamner ni le considérer comme une faute... Le pape ne dit pas comme les Tatianistes que le mariage soit un mal ou un péché ; il ne dit pas non plus que la viande, les œufs, le lait soient un mal ou un péché; il se borne à les défendre sous apparence de spiritualité, comme le dit ici saint Paul », etc. 3. C'est encore au

l. I Cor., 7, 9.

a. [Emserj.

3. Wider den falschgenannten geistlichen Stand. Erl., a 8, 194 [Weim., x, P. II, p. i5a].

même texte qu'il fait allusion quand l'année suivante il écrit : « Le sire de Rome a proscrit le mariage, parce qu'il devait venir des gens qui proscriraient le mariage. Le pape a fait que l'homme ne soit pas un homme et que la femme ne soit pas une femme4. » En 1627, on voit, en partie du moins, transpirer encore les mêmes idées2. Il n'est vraiment pas nécessaire de s'arrêter plus longtemps à de telles divagations, puisque Luther luimême devait bientôt les attaquer, comme nous allons le voir dans les pages suivantes.

$2. — Le mariage condamné par le pape comme coupable et impur.

A dire des erreurs et des mensonges, on ne sait plus ensuite ce que l'on a d'abord soutenu. C'est ce qui arriva à Luther : il s'est tendu des pièges et il y est tombé. Depuis i52i, il avait donc écrit que le pape avait seulement prohibé le mariage, mais qu'il ne l'avait pas condamné ou regardé comme coupable, comme l'avaient fait les Tatianistes. Mais dès 1627 on l'entend dire : « C'était presque un déshonneur pour une jeune fille ou un jeune homme de se marier ; on eût dit que c'était défendu par Dieu^. » «Ils attribuent le mariage au diable4. » Bientôt, l'on devait entendre mieux encore.

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