‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 47 sur 283 · CALOMNIE PROTESTANTE · texte numérisé non relu

CALOMNIE PROTESTANTE

indiqués que l'on a principalement en vue, mais uniquement le plaisir sensuel1.

Comment Gottschick peut-il donc écrire : « D'après la doctrine chrétienne, l'acte conjugal est ignominieux; car, en soi, il ne diffère pas de l'acte de fornication. 2 » Sur qui retombe cette assertion ? Uniquement sur le « Réformateur ». Pour lui, dans l'acte conjugal aussi bien que dans l'acte de fornication, il y a un péché, et un péché grave ; par conséquent, l'acte conjugal est en soi aussi ignominieux que l'autre. Il dit ailleurs : « Si tu regardes l'union charnelle, et que tu ne considères que le côté extérieur de cette union, il n'y a pas la moindre différence entre la vie conjugale et la vie de fornication; qu'un tel ait une femme et son voisin une maîtresse, c'est fort près l'un de l'autre, et les dehors sont à peu près identiques 3. »

Le devoir conjugal est toujours un péché ; mais Dieu ne nous l'impute pas, il le couvre. C'était là une conséquence nécessaire de la théorie de Luther sur le péché originel. Pour lui, comme je l'exposerai dans la seconde partie, la concupiscence est le péché originel dans toute sa compréhension ; puisque la concupiscence

1. Voir sur ce point P. Jbiler, dans Bonaventurse U Sent. dist. 31, a. 2, qu.l, Scholion: Les théologiens scholas tiques y sont cités, groupés selon leurs idées et mis en confrontation avec les opinions postérieures (Edition Quaracchi.t. IV, 1889, p. 728-726).

2. Realenzyklopadie fur protest. Theol. und Kirche (3* éd.), V, 191. Gottschick n'a fait que transcrire un mensonge de Luther. Voir ci-dessus, p. 45 n. 2. Voici un autre passage ( Weim., XXVII, a8, i3): Auparavant, « il était à peu près indifférent de prendre chex soi une femme ou une courtisane. »

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