L INTEMPERANCE. — LA JUSTIFICATION PAR LA FOI
riches, ne buvaient que de l'eau ; on usait de mets très simples et faciles à se procurer ; c'était à peine si à lage de trente ans quelques-uns commençaient à boire du vin. Mais maintenant c'est pour ainsi dire dès l'enfance qu'on prend l'habitude des vins, et non pas des vins faibles et ordinaires, mais des vins étrangers ou des spiritueux qu'ils absorbent à jeun1. » Quoi d'étonnant que l'usage immodéré de la boisson fût devenu une coutume générale du pays 2, non-seulement chez les paysans, mais encore dans la noblesse, et cela seulement à partir de Luther. Car, « dans ma jeunesse, ce défaut chez un noble était une grande honte..., mais maintenant, il est pire et plus répandu chez eux que chez les paysans... Il a même atteint les jeunes ; ils s'y adonnent sans honte et sans retenue ; ils l'apprennent des vieillards... C'est pourquoi l'Allemagne est un pays pauvre, puni et frappé par ce diable de la boisson, et complètement noyé dans ce vice. » Cependant, ajoutet-il, « les enfants, les jeunes filles et les femmes en ont encore quelque aversion, bien que sous le voile on trouve plus d'une truie dégoûtante. Pourtant, elles se tiennent encore. Il est encore resté assez de pudeur pour qu'on dise : C'est une grande honte pour une femme de boire à s'enivrer3. » Mais d'où venait ce reste de pudeur, sinon de l'époque de la papauté ?
La doctrine de Luther sur la justification par la foi était un autre excitant à l'adultère. Le recteur protestant Rivius écrivait en i547 : (( Si tu es un adultère ou
1 . « Me puero. . . nunc pueri... » Opp. exeg. lat., III, 57 (vers 1587).
a. Erl., 8, 29S(r5a5).